L'auteur de ce blog n'engage que lui-même par ses commentaires et ne prétend pas représenter les positions d'un quelconque organisme politique.

30 avril 2008

Sondage CROP

Peu après un sondage Léger Marketing, qui corrobore les résultats obtenus, CROP a à son tour fait connaître les résultats de son enquête. Je ne pense pas vous en apprendre beaucoup avec les résultats qui suivent:

PLQ: 38%
PQ: 29%
ADQ: 17%
PV: 9%
QS: 5%

Première constatation: des analystes se concentrent sur le fait que la satisfaction envers le gouvernement ait "chuté" à 53%, après un pic à plus de 60% le mois dernier. Ils font preuve de mauvaise foi: le second score semble bien plus fantaisiste que le premier et, vu la situation, une satisfaction de 53% est sinon exceptionnelle, du moins très honorable. On dirait que l'on cherche à tout prix à détourner l'attention des résultats centraux.

Seconde constatation: certaines personnes demandent les résultats avant répartition des indécis (voir le blogue Québec Politique) (Note: Lors de la rédaction de ce dernier billet, les chiffres n'étaient pas encore publiés. Modifications en italique). Ils sont maintenant fournis dans le sondage. Les voici:

PLQ: 31%
PQ: 24%
ADQ: 14%
PV: 8%
QS: 4%
Indécis: 19%

La tendance n'est donc pas différente et les conclusions sont les mêmes: le PLQ a le vent dans les voiles.

On a raison toutefois de souligner que l'on a pas pu constater l'effet de la nouvelle loi 101 proposée par Pauline Marois, ni de l'affaire Bruno Fortier. Mais j'émets la prédiction qu'aucune de ces deux nouvelles n'auront beaucoup d'impact, à moins d'une surprise. L'heure n'est pas vraiment à la fermeture des PME de moins de 50 employés (car c'est ce qui nous guette avec l'idée du PQ, d'autant plus qu'il faudrait engager des milliers d'inspecteurs et que cela ne se fait pas en claquant des doigts), et l'affaire Fortier n'a pas jusqu'à présent d'impact fracassant.

L'ADQ est en train de pousser son chant du cygne. Les prochaines élections seront décisives: en effet, c'est là qu'on saura si ce parti survivra encore un peu ou sera oblitéré pour de bon. D'ici-là, il faudrait peut-être que Mario Dumont réagisse pour essayer de montrer qu'il est plus humain et démocratique au lieu d'enfoncer son clou en affirmant qu'il y aura d'autres départs à l'ADQ.

Quant à Pauline Marois, jusqu'à présent, elle n'a pas réussi à faire les miracles escomtés. Le PQ stagne dans les intentions de vote, et on peut même souligner une légère tendance à la baisse. On n'est plus très loin du score des élections de 2007. À part les péquistes, on dirait que personne ne se rassemble autour du parti, ce qui est une bonne nouvelle vu le tournant hypocrite pris par le PQ concernant la souveraineté.

Quant au PLQ et à Jean Charest, ils poursuivent leur bonhomme de chemin tranquillement, sans faire trop de bruit. Vu la situation économique, c'est ce dont les québécois ont besoin: un gouvernement qui saura gérer une éventuelle crise et qui les rassure.

29 avril 2008

Indexation générale: la voie de la stabilité?

Après être sorti de ma lecture du livre Adieu Canada de Paul Hellyer, qui traite en général des côtés sombres de la mondialisation et du libre-échange, j'ai poussé plus loin ma réflexion sur l'indexation des tarifs. J'avais déjà réalisé il y a un certain temps, à la lecture d'une préface de The General Theory of Employment, Interest and Money, qu'il existait une certaine forme de concurrence non pas uniquement entre les entreprises, mais bien entre les travailleurs. En effet, si un groupe de travailleurs (regroupés en syndicat) obtient une hausse de salaires et de conditions, cela se fait au détriment des autres groupes, puisque ceux-ci auront à payer plus cher pour leurs services. Dans Adieu Canada, M. Hellyer fait ressortir que les taux d'inflations astronomiques observés à la toute fin de l'ère keynésienne étaient probablement dus à cette concurrence indirecte. Cela revient à dire qu'une croissance erratique du pouvoir d'achat de certains groupes ne peut se faire qu'au détriment des autres, dès lors que lesdits groupes participent à la création de produits et que leur travail influence le prix de leur production. M. Hellyer suggère que les hausses salariales annuelles de plus de 2% contribuent largement à l'inflation générale.

Ma théorie de l'indexation contrôlée m'apparaît donc comme une avenue possible pour assurer la stabilité de l'inflation dans un système keynésien. En effet, si les hausses salariales, l'augmentation de la redistribution de l'État et les tarifs imposés par celui-ci augmentent mais sur une base régulière, l'inflation devrait normalement suivre un rythme contrôlé très faible. À moins de causes extérieures, on pourrait donc retrouver un système économique semblable à celui des Trente Glorieuses, pourtant fort critiqué les dernières années par les néo-libéraux. Il faut souligner qu'en dehors de la flambée inflationniste à la fin des années 70, l'économie de ces années-là, avec une forte présence de l'État, a mené à beaucoup de progrès dans nos sociétés. C'est là que la classe moyenne a vécu ses plus belles années.

Toutefois, je ne présente cette piste que comme hypothèse. C'est pourquoi j'aimerais connaître votre avis sur la question, si vous vous sentez un peu économiste dans l'âme (ou alors philosophe: cette solution est-elle juste?). De toute manière, cela n'est pas bien compliqué. Il suffit de réfléchir à ce qu'un tel système entraînerait comme conséquences...

Pour ou contre l'indexation générale?

25 avril 2008

La magie du hockey

En cette époque de séries, et en dépit de ma totale ignorance des ficelles du monde du hockey, je me suis aussi laissé prendre au jeu. Je suis désormais activement les Canadiens de Montréal... Et j'ai écouté mes premières parties de hockey en direct à RDS. Et j'apprends peu à peu à comprendre le tout, même si je suis déjà partisan.

Il y a quelque chose d'extrêmement fort dans le hockey au Québec. Notre peuple s'identifie à ce sport contre vents et marées, et cela sans considération pour la proportion de canadiens présents dans son équipe favorite. Il s'agit d'un exploit qui, à lui seul, justifie cette sorte de respect que j'entretiens pour le hockey: bien peu de gens sont aujourd'hui capables d'unir les québécois!

J'ai l'impression qu'historiquement, nous formions une nation de hockey et de politique. Les deux ont déjà d'ailleurs été intimement liés (pensez à l'émeute du Forum...). Toutefois, la seconde partie a peu a peu disparu depuis 10 ou 20 ans. Alors que le hockey réunit toujours le Québec dans un accord vastement majoritaire, on a perdu la passion politique au profit d'un cynisme navrant. D'où provient ce glissement? Et surtout, comment remonter la pente?

C'est peut-être là l'une des raisons pour lesquelles je m'intéresse désormais au phénomène du hockey. Cette petite étincelle qui réunit les gens fait plaisir à voir... Tout comme les Canadiens qui renversent la vapeur contre les Flyers à 30 secondes de la fin du match!

24 avril 2008

Mon humble avis sur... le carburant au Québec

Il règne un calme bien étrange sur le Québec. Personne ne se plaint dans un dossier particulier, pourtant scandaleux. On dirait qu'on a réussi, à force, à purger toute envie de protester le moindrement contre le coût préoccupant de l'essence à la pompe ou du baril de pétrole. Au Saguenay, il trouve en ce moment à 1,27$ le litre, un prix tout à fait exhorbitant mais contre lequel personne n'ose plus faire de commentaire, peut-être en considérant que c'est avantageux comparativement à ce que nous devrons payer dans quelques années.

Mais bon Dieu, réveillons-nous! Combien de temps encore supporterons-nous l'essence, un produit anti-écologique, onéreux et qui plus est absent de notre territoire? Vouloir poursuivre dans cette voie relève de l'hérésie la plus complète lorsque l'on sait que nous pouvons éventuellement faire mieux. Je ne parle pas ici d'éthanol (de maïs), une autre imbécilité fomentée par les producteurs agricoles et certains groupes d'intérêt soi-disant pour protéger l'environnement afin de gonfler les prix des céréales. On voit le résultat de cette belle démonstration du nombrilisme économique de l'occident dans les pays plus pauvres à l'heure actuelle. Je fais plutôt référence à la plus petite molécule connue, à cet atome qu'on ne sait pas vraiment classer à cause de ses propriétés si surprenantes, à 85% de la matière de l'univers: l'hydrogène. Et il se trouve, par un très heureux hasard, que nous en avons beaucoup dans nos lacs et rivières sous forme oxydée. Encore mieux, si on le sépare de ce constituant pour le brûler à nouveau, on reproduit une substance qui, bien loin d'être novice, est absolument nécessaire à la vie.

Une véritable révolution pourrait être possible avec l'hydrogène ou l'électricité dans les transports, le premier n'étant en fin de compte qu'une manière détournée de stocker le second sans passer par une pile. En effet, la meilleure façon de produire de l'hydrogène utilisable comme combustible (et le plus acceptable) serait d'utiliser pour ce faire notre énorme potentiel électrique. Je ne parle pas ici de détourner la production des barrages hydro-électriques, tournées majoritairement vers la consommation interne, mais plutôt d'éventuels super-champs d'éoliennes dans le Nord du Québec (un autre dossier à suivre). L'électrolyse d'eau permettrait ensuite de produire de très importantes quantitées de carburant, redistribuées à la population comme de l'essence conventionnelle. Le grand pas à franchir n'est pas tant la mise en place de ce système plutôt que les deux défis techniques qui se posent actuellement pour l'utilisation de l'hydrogène dans les transports.

La première inquiétude provient de la sécurité. Gaz extrêmement explosif, il devrait être stocké de façon adéquate dans les postes de distribution (ce qui est réalisable) mais également dans les véhicules, ce qui peut être plus problématique. Toutefois, cela n'est pas irréalisable, même avec les moyens techniques utilisés actuellement. Il faut d'ailleurs se souvenir que l'essence demeure un produit volatil hautement explosif, lui aussi, et que la plupart des décès sur route n'est pas causée par une explosion.

Le second problème, de loin le plus important, relève du coût actuel de la technologie. Il existe deux manières d'utiliser l'hydrogène comme carburant. Le premier consiste à remplacer l'essence par du H2 dans un moteur à explosion conventionnel. Cela fonctionne assez bien avec quelques ajustements (il faut bien moins d'hydrogène que d'essence pour propulser le piston, si l'on ne veut pas créer d'explosion dangereuse), mais le rendement énergétique est assez faible. Couplées avec les pertes observées lors de la production d'hydrogène, on se trouve à perdre une grande partie du courant électrique nécessaire à la base en chaleur, ce qui ne nous avance pas beaucoup. Plus intéressante, la pile à combustible utilise un procédé différent.
L'hydrogène y est mis en présence d'oxygène, mais l'on place une membrane électrolytique entre les deux. Pour former de l'eau à nouveau, l'hydrogène se débarasse de ses électrons qui génèrent un courant électrique, puis traverse la membrane sous sa forme ionique et va rejoindre l'oxygène, qui quant à lui reçoit des électrons. Entre les deux, les électrons auront le temps de faire tourner le moteur. Le problème est ici la partie "catalyseur" de l'appareil, qui permet de réaliser le tout à température de la pièce, sans ignition. Il est généralement constitué de platine, un métal rare et extrêmement onéreux, ce qui fait que de nombreuses piles à combustible peuvent avoir des coûts avoisinant les 100 000$. En dehors des transports en commun, leur utilisation est donc marginale. C'est pourquoi la recherche de catalyseurs et de membranes plus performantes est cruciale pour la mise en place de cette technologie, et que j'encourage fortement toutes les initiatives dans le domaine de la R&D en lien avec l'hydrogène.

Si cet obstacle venait à être franchi, on pourrait imaginer le scénario suivant. Étant donné la quantité assez phénoménale d'énergie requise pour la production d'hydrogène, le gouvernement du Québec pourrait prendre en charge sa production et sa distribution (les faibles coûts de l'électricité rendraient le prix acceptable, et rentabiliseraient l'affaire après l'investissement initial). Parallèlement à cela, on pourrait très bien voir l'émergence d'une industrie automobile québécoise, axée sur la production de véhicules adaptés au carburant hydrogène. Le système à l'essence serait maintenu, mais les coûts augmentant, finirait probablement par être supplanté. Écolo et économique...

Il existe quand même plusieurs holàs au tout-hydrogène. Certains n'y voient que le retardement de l'avènement du tout électrique. C'est pourquoi j'encourage aussi le développement des véhicules électriques, qui, soit dit en passant, existent déjà à l'heure actuelle (tout comme, éventuelle, les véhicules à l'hydrogène moins coûteux). Il reste difficile de se faire une idée à ce sujet, puisque les grandes compagnies pétrolières et les fabricants d'automobile s'arrangent pour rapidement bloquer toutes les tentatives de s'éloigner du modèle traditionnel. Leur énorme capacité financière leur permet de racheter prestement tout brevet dans le domaine et de l'enterrer profondément avant que quiconque en entende parler. Reste que des voitures électriques présentent l'avantage de demander un réseau de distribution bien moindre et d'exiger des règles de sécurité bien moins strictes. Le noeud du problème réside dans le stockage de l'énergie, les piles électriques présentant des capacités limitées et s'usant avec le temps. À ma connaissance, en dehors des villes, l'utilisation courante de véhicules électriques poserait donc problème.

Ces technologies restent néanmoins la voie de l'avenir, et je me demande encore comment nous pouvons supporter sans broncher la domination du système pétrolier, qui cause par ailleurs tant de tort à la planète. Quand nous distancierons-nous enfin de cette nouvelle peste noire?

23 avril 2008

Le monde à l'envers

Alors qu'il y a quelques années au Saguenay-Lac-St-Jean les gens peinaient à trouver de l'emploi et que les cervaux s'expatriaient en masse, on appréhende aujourd'hui une importante pénurie de main-d'oeuvre dans les domaines scientifiques et technologiques pour la région. La situation est suffisamment préoccupante pour que le Conseil du Loisir Scientifique, en partenariat avec le cyberjournal Le Bulletin Régional, consacrent plusieurs semaines à la discussion sur le sujet.

Et oui! C'est bien moi à droite... Mais n'allez pas y chercher une signification politique!
Il est un peu paradoxal qu'une région qui dépend tant d'industries lourdes, et qui travaille depuis un moment à diversifier son économie, ne soit capable d'y parvenir faute de main-d'oeuvre qualifiée. Je n'ai jamais caché mon désir de voir plus de PME des secteurs scientifiques s'établir tant au Saguenay-Lac-St-Jean que partout au Québec. Il s'agit de l'une des pierres angulaires de notre développement économique. Toutefois, la culture dominante dans la région n'est pas à l'heure des sciences, et cela nuit considérablement au renversement de la vapeur.

Je ferai un suivi des discussions si cela est pertinent sur mon blogue, en y a joutant mon grain de sel. Vous aurez également l'occasion, sans aucun doute, de lire plusieurs de mes commentaires sur http://www.lbr.ca/, d'ailleurs une excellente source d'information régionale.

Un travail colossal s'annonce pour les bleuets au niveau économique. Saurons-nous relever le défi?

22 avril 2008

Toutes mes excuses, M. Harper

Je dois effectivement l'avouer: jusqu'à présent, je croyais que votre parti était essentiellement une reconstitution vaguement modifiée de l'Alliance Canadienne, abritée derrière l'ancienne marque du Parti Conservateur. Je soupçonnais que beaucoup de vos actions n'étaient modérées que parce que vous étiez minoritaires, et que les positions réelles de votre gouvernement sur de nombreuses questions d'importance comme le mariage gai, la peine de mort ou l'avortement étaient bien plus radicales que ce que vous nous laissiez voir. Bref, je croyais que le Parti (Progressiste) Conservateur de Brian Mulroney, plus centré et ouvert, n'avait plus de substance que le nom.

Il me faut me rendre à l'évidence: vous avez bel et bien maintenu un côté de ce parti vivant, et un beau morceau en plus. La corruption politique fait manifestement tout autant partie de votre "nouvelle" formation que de l'ancienne, comme nous sommes en train de le découvrir peu à peu avec les investigations d'Élections Canada sur près de 1,2 millions de dollars dépensés en trop lors de la dernière campagne par le PCC.

Vous avez également fait plus encore: vous bafouez la démocratie lors d'une élection, puis vous affirmez après coup qu'il n'y a là rien d'illégal, peu après être revenu d'un sommet avec messieurs Bush et Calderon sur l'économie et la sécurité à la Nouvelles-Orléans, bien loin du peuple et de ses considérations par trop sentimentales sur la question.

Milles excuses, M. Harper. Je ne vous croyais pas capable de tant en faire. Je pensais sincèrement qu'en dehors de votre sens de la stratégie indubitable, vous n'étiez pas à proprement parler un leader rassurant (plutôt l'inverse). Mais maintenant que vos preuves sont faites, vous m'avez convaincu que le PCC était bien loin d'être une bonne option pour le Canada et que vous étiez également capable de tromper la population. Toutes mes félicitations.

Au fait, vos presqu'amis provinciaux de l'ADQ semblent eux aussi avoir décidé de brimer la démocratie récemment, mais juste à l'intérieur de leur parti. Mais au fond, ce n'est pas bien grave, puisque tous ceux qui contestent voulaient nécessairement bénéficier de faveurs particulières (bien sûr, comment peut-on penser que Mme Tremblay et les militants de Chauveau parlent du coeur?). Beau parti!

21 avril 2008

Une de perdue, dix de frustrés...

C'est ce qui s'en vient à l'ADQ, où on commence à ressentir les effets du contrôle étendu de Mario Dumont sur son parti et de la chute dans les sondages. Aujourd'hui, la vice-présidente, Mme Tremblay, a claqué la porte du parti, effectuant un virage à 180°. Elle affirme en effet qu'elle espère ne pas voir l'ADQ portée au pouvoir, puisque cela nous ramènerait 50 ans en arrière sur la condition féminine et la famille.

Le plus étrange est qu'on ne s'en surprend même plus. Après les chicanes entre M. Taillon et ses militants, voilà un signe de plus que les adéquistes n'acceptent plus de se mettre en rang, bien silencieux, derrière leur chef autoritaire. En tant que militants de l'opposition officielle, ils voudraient un peu plus d'espace, un peu plus de discussion. Mais la caste supérieure du parti s'est habituée à sa domination. Elle ne lâchera pas le morceau aussi facilement.

Peut-être aussi s'agit-il d'un symptôme du faible sentiment d'appartenance des adéquistes envers leur parti. C'est une conséquence logique de la ligne politique extrêmement plastique de cette formation politique, dans un schéma décisionnel allant du haut vers le bas. Lorsque l'on n'écoute pas les militants, voire que les députés sont ignorés, comment ceux-ci peuvent-ils s'identifier à un programme commun? Ils n'ont même pas réellement voix au chapitre! C'est une autre base de comparaison ADQ-Union Nationale. Les militants de cet ancien parti n'étaient réellement actifs que lors des campagnes et ne se mêlaient pas vraiment des affaires politiques hors des élections, hormis pour obtenir de juteux contrats en échange de leur soutien. Le problème, ici, est que l'ADQ se comporte de la même manière alors que le contexte ne permet plus de "récompenser" les militants autrement qu'en écoutant ce qu'ils ont à dire. Ajoutons à cela que l'UN était un parti de pouvoir alors que l'ADQ n'a pas jusqu'à présent cette envergure, et l'on obtient toutes les conditions pour que la grogne se propage dans les rangs adéquistes.

C'est une histoire à suivre. Avec assez d'adresse, Mario Dumont et ses quelques lieutenants réussiront peut-être à éteindre les futurs feux, mais il peut tout aussi bien s'agir des premières notes du requiem mortuaire de ce parti.

14 avril 2008

Réabsence (hélas) jusqu'au 22 avril

C'est une fois de plus que je tire ma révérence temporairement jusqu'au 22 avril. J'avais eu un peu peur la dernière fois que plus personne ne vienne me lire mais on dirait que c'est possible de ramener quelques intéressés au bercail avec un peu d'huile de coude...

À la prochaine, donc!

13 avril 2008

À propos du sondage "Au Québec, vous considérez que nous sommes une société..."

Il avait pour but d'essayer de clarifier un peu la situation. En effet, j'ai remarqué que les gens de gauche taxaient systématiquement le système de trop pencher à droite, et vice-versa. Qui n'a jamais lu sur Antagoniste.net que les médias sont tous vendus à la cause gogauchiste? Ou sur UHEC que telle ou telle décision du gouvernement prouvait qu'il suivait en couinant les ordres des lobbys néo-libéraux? Impossible donc de savoir vraiment dans quelle société nous vivons.

Il est clair que nous ne sommes pas libertariens. Le sondage l'a montré, et je suis d'accord. Idem pour les idéologies conservatrices, socialistes et capitalistes (à entendre au sens "pur" du terme). Centrisme et social-démocratie arrivent donc grands premiers, et c'était également mon impression. Je suis heureux de la voir confirmée.

Sommes-nous si sociaux-démocrates que cela? Je crois que le centrisme représente mieux encore ce que notre société québécoise est actuellement. En Europe, nous serions probablement un peu plus à droite; aux États-Unis, carrément à gauche (saviez-vous que certains tests politiques classent Obama comme socialiste, comme celui de OkCupid? Drôle ou triste, je ne sais pas...). Au niveau nord-américain, nous sommes donc effectivement une parcelle de gauche modérée dans un champ droitiste. Au niveau mondial, nous sommes au centre-droit.

Est-ce à dire que nous sommes déphasés par rapport à nos voisins? J'ai pour mon dire que notre système, tant qu'il demeure modéré, peut très bien s'intégrer à une Amérique du Nord néo-libérale, même s'il penche relativement à gauche. Il est indéniable, à moins de pratiquer l'aveuglement volontaire, que nous nous sommes recentrés vers la droite depuis les années 80 (d'abord recentré sous Bourassa, puis poursuivi plus loin avec les régimes subséquents), comme de très nombreux pays. Je crois que nous sommes parvenus à un assez bon équilibre et qu'il faut désormais essayer de faire progresser le Québec dans la stabilité, sans remettre en cause le rôle de l'État à chaque instant ou conspuer l'entreprise privée respectueuse (j'exclus ici certaines multinationales pour lesquelles j'ai un brin moins d'estime que nos PME québécoises). Le centrisme pur est impossible, comme l'a souligné Jimmy St-Gelais; regardons donc au centre-gauche ou au centre-droit mais surtout, fuyons les extrêmes comme la peste. C'est l'une des raisons pour lesquelles j'attends avec impatience la disparition de l'ADQ.

Merci d'avoir répondu nombreux et continuez à voter!

12 avril 2008

Indexer les tarifs mais aussi...

J'ai souvent parlé de mon désir de voir les différents tarifs de l'État indexés à l'inflation ou à un quelconque autre indicateur. Cela relève à mon avis du gros bon sens et dépolitise des enjeux qui ne devraient pas dépendre d'agendas partisans. C'est également une question de justice envers le citoyen, un gage d'une plus grande stabilité tarifaire et la suppression de plusieurs ennuis liés aux gels et dégels successifs.

Par contre, j'ai souvent oublié une autre partie de l'indexation, sur laquelle je me suis pourtant déjà interrogé: certains services devraient eux aussi augmenter régulièrement. Je pense notamment aux prêts et bourses, au salaire minimum, aux allocations familiales et de bien-être social (dans ce dernier cas, une révision du système en place s'impose également, mais ce n'est pas le sujet de ce billet), etc. Car en effet, où serait la justice dans le fait que seuls les frais augmentent? La croissance économique augmente les coûts associés à la dispense de services publics, mais affecte également le coût de la vie des citoyens. C'est pourquoi cette partie ne doit pas être évacuée, mais plutôt évaluée, sans compter qu'elle est parfois également utilisée à des fins politiques.

À quand une plus grand stabilité et systématisation du système de prévèvements et retours fiscaux et financiers?

Merci au blogue "À gauche de l'écran" [voir le billet] qui m'a rappelé cet aspect de l'indexation que je considère tout aussi important que l'autre, mais que j'ai trop souvent tû jusqu'à présent.

11 avril 2008

Mon humble avis sur... le Conseil des régions

Avec la réforme de la carte électorale qui ne passe pas bien à l'Assemblée Nationale, certains suggèrent d'établir une seconde chambre législative à Québec. Celle-ci, à représentation paritaire des différentes régions de la province, disposerait pratiquement d'une compétence en développement régional et d'un droit de véto sur les projets de loi de l'Assemblée.

Le concept peut être charmeur. Du point de vue démocratique, chaque vote doit valoir autant que les autres. Cela a été dit et redit dans les médias, et c'est un principe auquel j'adhère. Le fait que certaines régions soient surreprésentées au dépend d'autres est donc extrêmement préoccupant. Le déséquilibre doit, au nom du principe de la démocratie, être réparé. Néanmoins, il est tout aussi vrai que l'on a tendance à oublier les régions et qu'une plus grande concentration des comtés dans le sud peut mener à la marginalisation des enjeux du reste du territoire. L'idée de créer une assemblée ayant pour but de faire entendre la voix des régions en attendant que celles-ci se portent mieux (et je persiste à croire cela possible) n'est donc pas mauvaise.

Toutefois, l'idée du droit de véto implicite m'agace profondément. Cela revient à dire que les régions, représentées paritairement au sein d'une même institution (c'est-à-dire que le Saguenay-Lac-St-Jean disposerait d'autant de sièges que Laval, par exemple), auraient proportionnellement beaucoup plus de poids que Montréal et ses alentours. Puisque l'on suggère qu'une telle Chambre des régions devrait donner son aval aux lois de l'Assemblée Nationale, on donne donc un pouvoir énorme aux régions. Nous qui nous plaignons fréquemment de ne pas être entendus par Montréal, voilà que cette solution imposerait à la métropole la situation inverse. Est-ce vraiment la bonne solution?

Je crois qu'un éventuel Conseil des régions gagnerait plus à être une assemblée consultative. Lui conférer certains pouvoirs de développement régional peut être une bonne initiative, mais il faut alors inverser la logique qui prévaut jusqu'à présent: ce devrait être à l'Assemblée Nationale d'entériner les projets de loi présentés par le Conseil.

Par ailleurs, si l'on veut appliquer ce genre de système au provincial, il serait illogique de ne pas prôner un fonctionnement similaire au fédéral. Exigeons une réforme du Sénat fédéral allant dans le sens de la représentation provinciale: une Chambre des provinces, à représentation également paritaire, ayant pour fonction de défendre les intérêts des membres de l'union canadienne auprès du gouvernement fédéral. Cela est d'ailleurs l'une des conditions essentielles à l'établissement d'un régime confédéral ayant à coeur l'autonomie des provinces dans l'union canadienne.

10 avril 2008

Les pièges de la gratuité scolaire

Joseph Facal souligne fort justement dans sa chronique de cette semaine que la hausse des frais de scolarité ne représente pas un danger pour notre système d'éducation post-secondaire. J'abonde dans le sens de ses propos: elle rétablit plutôt la justice dans un système où une bonne partie de la clientèle étudiante a les moyens de couvrir cette augmentation. La clef, on ne le dira jamais assez, réside dans une réforme du système de prêts et bourses.

De nombreuses associations étudiantes vont jusqu'à réclamer la gratuité scolaire pour étendre le principe d'accessibilité aux études. Mais ont-elles considéré la réalité? Le gouvernement du Québec ne fait pas pousser l'argent dans les arbres. À moins de se mettre à imposer douloureusement les contribuables pour couvrir la hausse des dépenses, il aura à couper dramatiquement dans les autres services de l'État. Le scénario le plus probable, si la gratuité était instaurée, serait donc plutôt une réduction de l'accessibilité aux études. La société défrayant l'ensemble des coûts de la scolarisation, elle serait également en droit de choisir qui a le potentiel d'être éduqué et d'exiger des étudiants un taux de réussite exemplaire. Les places deviendraient limitées dans tous les programmes, si certains d'entre eux n'étaient pas carrément abolis. Certes, le système ne serait plus basé sur les revenus familiaux... Mais serait-il beaucoup plus juste? Pouvons-nous nous permettre de réduire ainsi le nombre de citoyens éduqués?

La gratuité scolaire est un mythe. Lorsque l'on gratte un peu l'idéal, on se rend bien compte que les pressions budgétaires ne permettent absolument pas d'y penser. Il faut également considérer l'aspect strictement académique de la chose. Si l'État québécois instaure la gratuité scolaire sans contingentement, qui sera motivé à réussir son baccalauréat le plus rapidement possible? Il a été prouvé à de nombreuses reprises que les étudiants déboursant des montants conséquents pour leurs études affichaient des taux de réussite plus élevés et ce, sans prolongement de la durée des études.

Comme le dit M. Facal, il serait grand temps que l'on se penche plutôt sur l'épineux problème des prêts et bourses. J'en profite donc pour en appeler à mes lecteurs sur ce sujet qui m'intéresse de près actuellement: quels aspects du système de prêts et bourses changeriez-vous pour le rendre plus efficace et juste?

9 avril 2008

Denis Coderre persiste et signe...

L'incendie du Manège militaire de Québec est une opportunité inespérée pour Denis Coderre. Fraîchement écarté du poste bien exposé de critique à la Défense par Stéphane Dion, qui a enfin réalisé que son député le mieux connu au Québec lui fait de l'ombre, il peut renaître un bref moment même s'il ne s'occupe plus maintenant que du patrimoine et de la culture. Manifestement heureux de se retrouver encore devant les caméras, il doit rire intérieurement de la figure de Stéphane Dion.

Au fond, Stéphane Dion n'est pas encore parti, mais il n'est plus vraiment là dans les faits. Les libéraux fédéraux ont beau nous ressasser qu'ils sont tous derrière leur chef, on sent bien que ça pousse fort pour qu'il se lance (et se casse probablement les dents) ou se retire immédiatement. Et ce serait une bonne chose. En effet, la politique fédérale est devenue l'un des plus mauvais spectacles au Canada. Un gouvernement minoritaire mais en pleine possession de ses moyens cherche à tout prix à se faire renverser pour obtenir une majorité, alors qu'il n'a aucun projet concret à présenter à l'électorat et perd son temps en prévoyant sa victoire à venir. Pendant ce temps, l'opposition officielle refuse systématiquement toute chance de renverser Harper, paralysée derrière un chef peu inspirant. Le Bloc fait le fier mais tremble de tout ses membres d'être délogé de son confortable mais bien inutile trône québécois. Quant au NPD, il aiguise ses couteaux, essaie quelques attaques, mais ne pourra vraisemblablement pas effectuer une percée historique, malgré des gains potentiels non-négligeables.

Il est en définitive mieux pour tout le monde que les lieutenants libéraux poussent Stéphane Dion vers le précipice. Il est le grain de sable qui bloque l'engrenage du renouveau. En effet, même si le gouvernement en place n'est pas très ancien, on a l'impression que la politique fédérale est toute poussiéreuse. Je ne retrouve que très peu de politiciens inspirants aux communes. Les chefs de partis sont ternes ou alors présents depuis bien trop longtemps. Les ministres sont tenus en laisse par un chef qui n'a pas grand chose à dire ces temps-ci. Il n'y a pas de nouveaux projets, juste de la politicaillerie pour un pouvoir qui au fond n'a plus grande valeur, étant donné qu'on ne l'exerce pratiquement pas.

Il faudrait une bonne élection pour brasser un peu la cage de tout le système. Denis Coderre est l'un des rares députés fédéraux à avoir un peu de personnalité, un peu de mordant, même si plusieurs ne l'aiment pas. Il gagnerait à être mis un peu plus en avant et à être entouré de gens moins anonymes, peu importe le parti. Peut-être qu'enfin nous aurions droit, au Canada, à une progression constructive à Ottawa.

Et le but!

Roberval a finalement été couronnée Hockeyville 2008, par près de 600 000 voix d'avance sur sa plus proche rivale, Kingsville en Ontario. C'est donc un prix de 100 000$ pour leur aréna et un match des Canadiens contre les Sabres de Buffalo aux matchs préparatoires de la LNH que les habitants de cette sympathique ville recevront.

Toutes mes félicitations aux gens de Roberval et merci à tous ceux ayant voté pour nos amis du Lac-St-Jean!

8 avril 2008

Les leçons de Gilles Taillon

Gilles Taillon est en chicane avec ses propres militants. Les membres de son exécutif ont démissionné en bloc et réclament son départ. Adéquistes déçus, ceux-ci demandent des excuses de la part de leur député. Et que répond Gilles Taillon? "Ils ont organisé des campagnes libérales, ils viennent de la mouvance libérale. Ca se peut très bien qu'il y ait un agenda caché."

Première leçon, M. Taillon. Les militants sont l'élément le plus cher dont dispose un politicien. Ces gens-là ont donné de leur temps et de leur énergie pour réussir à vous amener où vous êtes à présent. Ils ont même quitté leur parti d'origine pour vous suivre dans la voie qu'ils croyaient être la meilleure, celle que vous représentiez. Vous les avez arraché à vos opposants politiques, ce qui est loin d'être une mince affaire.

Aujourd'hui, après la victoire, ils vous remettent en cause. Est-ce que vous n'avez pas su reconnaître leur valeur? Leur avez-vous donné du temps, avez-vous pris en compte qu'ils vous avaient supporté dans votre campagne? Les prendriez-vous de haut? On pourrait bien le croire à vos déclarations.

Excédés à tort ou à raison, il n'en demeure pas moins que ces militants sont mécontents de vous. Deuxième leçon: ne jamais cracher sur vos troupes. Quand vous les soupçonnez d'avoir magouillé avec les libéraux, vous méprisez l'ensemble de leur parcours. Ces gens ont changé d'allégeance pour vous suivre; vous les remerciez en les croyant hypocrites et traîtres. Vous ne leur accordez pas votre confiance alors qu'eux vous ont offert la leur.

Troisième leçon, M. Taillon, à défaut d'être capable de conserver vos amis, ne sous-estimez pas ce qu'ils peuvent faire lorsqu'il vous auront quitté. Quand vous affirmez qu'on leur accorde bien trop d'importance et réduisez toute leur démarche à la volonté d'obtenir un poste au bureau de comté, vous les méprisez encore plus. L'ADQ est en difficulté; les coups peuvent venir de partout, y compris de votre base militante. Vous perdez les électeurs neutres; pourquoi s'acharner à vous mettre à dos ceux qui vous sont pourtant acquis? Votre position est précaire; faites très attention aux événements qui se déroulent autour de vous.

Vraiment, M. Taillon, on peut se demander à quoi vous pensez en ce moment. Mais faites donc comme bon vous semble; le mieux qui puisse arriver, c'est que vous soyez en train de creuser votre propre tombe politique.

5 avril 2008

Al Gore et le "sentiment d'urgence"

De passage à Montréal après des pressions populaires par les canadiens (puisqu'il ne devait pas passer au pays à l'origine), Al Gore a félicité le Premier Ministre du Québec Jean Charest pour son approche environnementale. Selon lui, "s'il existait plus de gouvernements de ce genre, le problème du réchauffement climatique serait en voie d'être réglé". Ce n'est pas tout à fait tordu: on peut supposer que si le gouvernement Harper adoptait des positions semblables à celles du gouvernement du Québec, ou que si George W. Bush prenait la même direction, l'environnement serait bien mieux protégé qu'il ne l'est actuellement en Amérique du Nord. Même si ce qui se fait ici n'est pas suffisant aux yeux de la tranche la plus environnementaliste de la population, on peut clairement voir un souci de la question dans le programme libéral (tout comme dans ceux de l'ADQ et du PQ, d'ailleurs). Notre plus gros problème ici n'est pas tant les décisions gouvernementales, mais plutôt les mentalités individuelles et les habitudes de consommation. La sensibilisation à ces problèmes est de plus en plus grande; nous finirons par en ressentir les effets.

Bien que j'aie beaucoup de respect pour M. Gore, il y a toutefois une petite portion de son discours qui m'agace beaucoup. Elle peut sembler bien anodine à l'oeil non-averti, mais elle dénote l'aspect le plus crasse et le plus dangereux de la mouvance environnementale. Elle est en toute fin de l'article lié au début du présent billet: "cela [l'engagement politique sur la question de l'environnement] requiert une forte conscience du public et un sentiment d'urgence." L'avez-vous vu vous aussi? Bienvenue dans le monde de l'écopanique. Certains militants environnementalistes ont cette détestable habitude de vouloir susciter la terreur chez la population pour la sensibiliser à sa cause (étrange... ça ne vous rappelle pas certains autres mouvements?). Des groupes sont passés maître dans l'utilisation de cette crainte pour faire passer toutes sortes de messages, même pas toujours environnementaux, derrière leur façade verte, notamment Greenpeace.

Pour avoir vu le film Une vérité qui dérange, je crois pouvoir affirmer qu'Al Gore veut bien faire. Cependant, il s'aventure fréquemment sur le terrain glissant de la frayeur, en promettant des conséquences apocalyptiques à court terme comme s'il s'agissait de certitudes absolues, alors que scientifiquement, ce ne sont que des hypothèses difficilement vérifiables. La question environnementale, dans toute sa complexité, mérite amplement qu'on s'y attarde. Le simple principe de précaution exige une considération minimale et certaines mesures de protection peuvent être rentables économiquement parlant. Toutefois, lorsque l'on quitte le domaine rationnel pour s'aventurer dans celui des émotions, on s'expose à toutes sortes d'excès, et ce n'est pas parce que c'est vert que ça ne peut pas être extrême. La prudence s'impose donc. J'espère que les virages environnementaux continueront à se faire dans le calme et à la lumière de données fiables et précises.

4 avril 2008

Un fruit... trop mûr?

Jean-Pierre Blackburn, ministre conservateur (et se trouvant également toujours à être mon député, en ce jour où j'ai enfin acquis le droit de vote), a ressorti un vieux mot bizarre que plus personne ne veut réellement entendre ces temps-ci: Constitution. Les réactions furent diverses et promptes, forçant M. Blackburn à rapidement éteindre le feu et à confirmer que le PCC ne toucherait pas à ce document en cas de majorité, du moins pas à courte échéance (il voulait y inclure le statut de nation du Québec, une idée, disons-le, assez périlleuse). On avance de partout que "le fruit n'est pas mûr", y compris à Québec. Est-ce tout à fait le cas?

J'aurais plutôt tendance à dire que le fruit est trop mûr, à mon humble avis. Trop mûr pour qu'il ne nous éclate pas dans les mains dès qu'on le pressera en le cueillant. Trop mûr pour qu'on le vende à la population et que celle-ci accepte de le consommer. L'été n'a pas été beau; les dernières personnes à avoir voulu cueillir le fruit sont tombées en bas de l'échelle. Ma conclusion: attendons que l'hiver passe, oublions les fruits jusqu'au printemps: d'autres repousseront un jour.

De toute manière, Jean-Pierre Blackburn n'est pas la bonne personne pour se lancer dans la question constitutionnelle, pas plus qu'aucun de ses collègues conservateurs, ou de ses opposants libéraux, néo-démocrates, bloquistes, etc. C'est fort simple: dans sa forme actuelle, la Constitution chausse parfaitement bien le pied d'Ottawa. Si un jour notre pays a à voir une réforme de sa loi des lois, celle-ci proviendra des provinces. Je m'avance donc à contredire ceux qui ont prédit, après l'échec de Meech, que désormais les négociations se feraient entre Ottawa et Québec. Il faut savoir observer ce qui se passe, lentement mais sûrement, dans les autres provinces du pays.

La reconnaissance de la nation dans la Constitution n'est d'ailleurs qu'une platitude symbolique, qui fait par ailleurs dresser les cheveux sur la tête des canadiens-anglais. Dans les faits, qu'on soit officiellement une nation ou pas ne change rien, puisque nous en formons une, un point c'est tout. Pas besoin d'une formation poussée en droit constitutionnel pour comprendre ça.

Le jour où la Constitution sera changée, tout le monde devra un peu tasser ses principes. Le Québec ne peut plus et ne doit plus se considérer comme unique province "spéciale" et laisser tomber quelques unes de ses positions sur la reconnaissance de son statut ou encore la réforme du Sénat, dont certains disent, comme l'auteure de cette chronique sur la question, qu'elle affaiblirait le rôle de notre province. De leur côté, les canadiens-anglais devront céder sur leur uniformité bien relative. Ils finiront par comprendre qu'une plus grande autonomie des provinces et d'une révision complète du rôle de celles-ci dans la fédération est à l'avantage de la population, au nom de sa diversité.

Je sais que je suis l'un des derniers huluberlus qui se préoccupent toujours de la question constitutionnelle au Canada. Suis-je dépassé? Peut-être, et plusieurs l'affirment. Dans le pire des cas, tout sera parfait, puisque rien n'aura à être changé. Il est toutefois possible que, le temps aidant, les choses finiront par prendre une autre tournure. Pour l'heure, les blessure de Meech et de Charlottetown, puis du référendum, sont malheureusement encore trop vives pour en arriver à quoi que ce soit de bon. Constitution, donc? Oui, certes, un jour. Mais cela ne doit ni venir d'Ottawa, ni se produire à brève échéance.

3 avril 2008

Boisclair donne signe de vie...

...tout comme moi d'ailleurs, qui suis de retour devant mon blogue jusqu'au 16 avril, date à laquelle je repartirai pour le volet provincial de la compétition des Expo-Sciences.

Après un peu moins d'un an suivant sa démission de la chefferie du PQ, André Boisclair s'est ouvert aujourd'hui lors d'une entrevue, avec des propos relativement surprenants. Il a en effet déclaré: «Je ne suis plus un adversaire des libéraux. Je ne suis plus un adversaire des fédéralistes. Je suis un citoyen du Québec qui a droit à son opinion.» C'est un très net changement par rapport à l'André Boisclair sur les dents (et c'était quand même le cas de le dire) de la dernière campagne électorale, sec dans ses questions et tranché dans ses opinions.

Il ajoute également dans l'entrevue qu'il a donné à Radio-Canada que Jean Charest a très bien su s'adapter au style de gouvernement minoritaire et recentrer son parti, dans les traces de Robert Bourassa. Quant au PQ, André Boisclair voit, avec justesse, qu'il s'y est opéré une grande transformation, sans pourtant spécifier si cela lui plaît ou non. On peut en douter: je crois que les souverainistes n'appuient pas tous la nouvelle approche des péquistes, certes moins effrayante de front pour l'électorat mais à bien des égards plus pernicieuse et hypocrite. Veut-on vraiment de cela au gouvernement?

Quant à André Boisclair, il semble avoir traversé une période assez difficile et mûri, d'une certaine façon. J'ai été de ceux qui ont cru, à un certain moment, que les libéraux étaient plus amicaux à son égard que son propre parti... Cela est sans doute exagéré, mais l'on peut constater aujourd'hui qu'il a enterré la hache de la guerre. Bien que je ne l'aie pas énormément aimé du temps où il était à la tête du PQ, je considère aujourd'hui que ceux qui l'ont le plus frappé sont ceux dont il n'attendait pas de coups. C'est à ce titre que j'éprouve une certaine sympathie à son égard, bien que demeurant opposé à ses idées.

Je souhaite donc bonne chance à André Boisclair dans sa nouvelle vie, moins politique certes, mais sans doute plus paisible.

Le DGEQ veut réguler le web...

Les tribunaux et les juges ont-ils trop de pouvoir au Canada?

Qui a été le meilleur Premier Ministre depuis 1936? Vous pouvez en choisir plus d'un.

Dans un système de type fédéral, quel palier gouvernemental devrait être le plus important?

Qu'est-ce qui vaut le mieux pour le Québec?

Quel avenir pour l'ADQ?

Et vous, vous voteriez...

Quelle devrait être la priorité absolue au Québec?

Vous considérez qu'au Québec, nous sommes dans une société...

Pour m'aider à l'amélioration du blogue, la mise en page vous convient-elle?

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Mes billets sont-ils trop longs?