L'auteur de ce blog n'engage que lui-même par ses commentaires et ne prétend pas représenter les positions d'un quelconque organisme politique.

28 février 2008

Mon humble avis sur... la "démocratie" étudiante

(Note préalable: cet article contient quelques erreurs. Voyez les deux premiers commentaires pour avoir la version complète des faits)
Puisque notre chère Fédération Étudiante Universitaire du Québec nationale ramène la question des droits de scolarité et du financement scolaire sur le tapis (suivie par le PQ, qui, après avoir gardé ses positions floues sur ce sujet, essaiera de ne pas s'aliéner son jeune électorat), on aura probablement encore une fois droit ce printemps à notre lot d'agitation estudiantine. Ma position sur ce sujet précis demeure ferme: la hausse des droits de scolarité est une démarche normale qui fait plus mal à cause d'une politique partisanne de gel mise en place par un autre gouvernement. Tout comme pour l'électricité (voir mon billet d'hier), il faudra les ajuster et, pour s'assurer qu'il n'y aura plus d'écarts dans l'avenir, leur augmentation devrait être ajustée à la hausse annuelle du coût de la vie. Il est temps de dépolitiser les enjeux tarifaires. Pour les réinvestissements, il est certain que nous devrons y arriver un jour ou l'autre. Néanmoins, avec tous les postes budgétaires où l'on devrait investir, on peut comprendre que cela prenne un certain temps au gouvernement, et la population n'est pas prête à payer des cadeaux du genre de la gratuité scolaire aux étudiants, pourtant vivement réclamée par une bonne partie des associations étudiantes. Il reste que mon billet d'aujourd'hui ne traite pas de l'éducation en tant que telle.

C'est plutôt du phénomène du "syndicalisme étudiant" en général que je voudrais vous parler, car j'en ai long à dire à ce sujet. Voici d'entrée de jeu ma position: je considère que ce mouvement est très peu démocratique, pas vraiment représentatif et dénué de légitimité. Ma réflexion découle de certaines observations auprès de l'association étudiante de mon Cégep ainsi que de l'analyse de certaines des prémisses qui sous-tendent le syndicat étudiant en soi. Penchons-nous sur celles-ci d'abord.

Un syndicat de travailleurs a pour but de défendre les droits des employés face à leur patron, à la base. Il suppose un lien de réciprocité entre les deux: le salarié fournit un travail à son employeur, qui en retour lui verse un salaire et respecte certaines conditions. L'objectif du syndicat est de s'assurer que ce n'est pas uniquement celui qui signe les chèques qui dispose du pouvoir. Dans le cas des étudiants, par contre, la situation est tout à fait différente. L'étudiant ne fournit presque rien en retour de son éducation, qui est à 90% payée par la société. On lui demande simplement de débourser des frais modestes comparativement à ce qui se fait dans bien d'autres régions du monde, en échange de quoi il reçoit une panoplie de cours, d'activités et de services de soutient qui lui permettront de progresser vers l'obtention d'un diplôme et, par ricochet, d'un éventuel emploi. Sans aller jusqu'à dire que l'étudiant est un client, je considère qu'il est un investisseur. En effet, il place une certaine somme d'argent dans son éducation, parfois à crédit à faible taux d'intérêt via le gouvernement, pour recevoir une formation sur laquelle il anticipe percevoir un retour qui lui profite tant monétairement qu'en termes de qualité de vie. Or, verriez-vous des investisseurs former un syndicat pour "négocier" avec l'entreprise dans laquelle ils placent leur argent? La chose serait pour le moins absurde. Ainsi, je conclus d'abord que l'idée d'établir un syndicat étudiant présuppose que celui-ci est un travailleur, alors qu'il n'en est rien. Cela nie en quelque sorte le principe selon lequel l'étudiant bénéficie de son éducation.

Un véritable syndicat est de plus régit par des lois, alors que les associations étudiantes sont libres de toute législation. Pourquoi alors auraient-elles les mêmes pouvoirs et une légitimité comparable? Pensez par exemple à la cotisation obligatoire pour tous les étudiants entrant dans une institution scolaire. À l'heure actuelle, les syndicats étudiants commettent une faute en s'accaparant les droits, mais pas les devoirs d'un vrai syndicat. Dans le cas de mon association étudiante, on est allés jusqu'à considérer comme une certitude que nous recevrions l'appui du syndicat des enseignants... Pourtant, les deux entités ne sont pas similaires. En cas de grève, les étudiants qui voudraient poursuivre leurs cours seraient vus comme des scabs. Pourtant, ils ont payé pour recevoir un service.

Quand les associations étudiantes réclament la gratuité scolaire, elles n'ont pas auparavant consulté leurs membres. De plus, elles présupposent que les étudiants sacrifient leur jeunesse pour servir la société dans leur vie future, et donc que l'enseignement supérieur devrait leur être dispensé tout à fait gratuitement. Encore une fois, cet esprit nie que l'étudiant retire un quelconque bénéfice de sa formation, ce qui est pourtant le cas. Bref, je considère que la légitimité du mouvement syndical étudiant est douteuse.

Du côté de la représentativité, les associations ont également leurs fautes. Elles prétendent être absolument neutres politiquement. C'est peut-être vrai dans certaines institutions post-secondaires, mais pas dans mon Cégep. Les moyens de pression utilisés contre les frais de scolarité visent souvent le PLQ (alors que l'ADQ et même le PQ endossent aussi la hausse et que le PLQ n'est pas le gouvernement, mais un organisme politique) et les affichettes sur la porte de leur local affichent fièrement des slogans du genre "OUI à la gratuité scolaire" ou "OUI à l'éducation". En outre, notre association n'a, à ma connaissance, jamais tenu de vote pour déterminer si elle devait appuyer la gratuité scolaire ou non. Elle milite pourtant très activement pour cette option.

Par ailleurs, représentativité et démocratie s'entremêlent aussi au niveau des votes. En effet, une association étudiante dispose théoriquement du pouvoir de déclencher une grève avec très peu d'élèves. Ainsi, au Cégep de Jonquière, 154 personnes réunies dans une petite salle ont voté pour une suspension de cours d'une journée, alors que la mesure affectait les centaines d'étudiants de l'institution. Pourquoi l'association a-t-elle un si grand pouvoir avec si peu de votants? Il aurait pourtant été fort réalisable d'organiser une journée entière de vote secret au lieu de le faire à main levée dans une salle pour 120 personnes. On sentait également que l'association avait mobilisé certaines personnes "clés" pour que tout se termine de la... bonne façon. Si les commissions scolaires n'attirent pas beaucoup de votes, les associations étudiantes en sont encore moins capables. Toutefois, jusqu'à présent, leurs méthodes de votation ne font rien pour aider à améliorer les choses.

Il y a aussi les autres irritants. Sur les principes, l'association étudiante réclame la gratuité scolaire; pourtant, elle n'hésite pas à demander des cotisations à tous les étudiants fréquentant une institution. S'ils désirent vraiment réduire le fardeau fiscal de la clientèle des Cégeps et des universités, pourquoi ne réduisent-ils pas leurs frais d'adhésion?

Bref, le mouvement syndical étudiant possède actuellement plusieurs lacunes. Il me semble qu'une structure de comité serait plus adéquate. Ainsi, un groupe d'étudiants désirant défendre la gratuité scolaire peut fort bien exister dans un Cégep et militer en ce sens. Toutefois, ce groupe ne doit pas inclure les étudiants qui ne désirent pas en faire partie ni prétendre être neutre dans ses prises de position. Néanmoins, puisque ce n'est pas actuellement la situation qui prédomine, je crois que les syndicats étudiants devraient eux aussi être soumis à une législation précise encadrant leurs activités. Ainsi, il devrait y avoir un principe d'accréditation (renouvellé périodiquement puisque la clientèle tourne), des votes secrets obligatoires, des critères de représentativité et des mécanismes spécifiques de fonctionnement. Il est temps que les syndicats étudiants prennent les responsabilités auxquelles ils prétendent.

Je tiens à terminer en disant que je suis aussi d'avis que les élèves défavorisés devraient avoir accès à des prêts et bourse plus généreux. Cela fait toutefois l'objet d'un autre débat et ne justifie pas plus l'action des associations étudiantes dans l'état actuel des choses.

27 février 2008

Un mal nécessaire

Les hausses répétées des tarifs d'électricité d'Hydro-Québec sont certes désagréables à encaisser. Il est également vrai qu'elles nuisent à la planification budgétaire et tendent à désavantager les familles à plus petit budget.

Néanmoins, il s'agit d'un mal nécessaire. Le gel prolongé des tarifs d'hydro-électricité ont créé un important décalage. La société d'État engrange en effet de belles sommes qui nous permettent de payer nos services collectifs. Toutefois, quand les tarifs sont gelés, les dividendes le sont également, alors que les dépenses gouvernementales croissent annuellement selon l'inflation et la croissance. La décision initiale de geler le prix du kWh au Québec était peu éclairée et manquait de vision à long terme. On peut même supposer qu'elle servait certaines fins politiques.

Lorsque l'heure est venue de sonner la fin de la récréation, les gens s'étaient accoutumés à payer une facture de plus en plus basse face à leur salaire réel. Pour rattraper le décalage, les hausses doivent se succéder et font plus mal que si elles avaient été appliquées régulièrement pendant la période de gel. On ne peut toutefois pas retarder ce processus plus longtemps, car plus on attend, plus la pilule sera difficile à avaler le moment venu.

Les tarifs d'Hydro-Québec retrouveront peu à peu un niveau raisonnable. Que pouvons-nous faire par la suite pour empêcher qu'un gouvernement se serve d'une politique de gel à des fins politiques, tout comme pour limiter les dégâts causés au gouvernement suivant qui se voit dans l'obligation d'adopter des tarifications impopulaires? C'est très simple: il faut ajuster les tarifs de l'hydro-électricité à l'inflation. De cette façon, le citoyen peut facilement prédire sa facture et ajuster sa consommation en fonction du coût au kWh. L'augmentation des prix devient prévisible est n'est plus assujettie à des décisions partisanes irrégulières.

Pour ce qui est des ménages à plus faibles revenus, j'en ai déjà parlé: nous devrions limiter un peu plus la hausse de la tarification pour les 30 premiers kWh quotidiens consommés, ce qui correspond grosso modo à la satisfaction des besoins de base. Cette tranche est d'ailleurs déjà soumise à un tarif préférentiel réduit. De plus, on devrait créer un nouveau palier au-delà de 60 kWh/jour, avec des tarifs plus importants, reflétant réellement le fait qu'il s'agit là d'une consommation électrique de luxe. Ainsi, tout se compenserait (on obtiendrait peut-être même une consommation plus responsable et un plus grand volume de courant exportable) et les personnes plus démunies ne seraient pas désavantagées.

En attendant, il faudra faire face à la situation tarifaire d'Hydro-Québec en sachant comprendre la situation d'un point de vue plus général.

26 février 2008

De bonnes nouvelles pour le PLQ

Le nouveau sondage CROP me réjouit, mais cela n'est probablement pas le cas pour tout le monde. En voici les grandes lignes:

Intentions de vote
PLQ: 35%
PQ: 31%
ADQ: 21%
PV: 7%
QS: 5%

Satisfaction envers le gouvernement: 50%
Cote de popularité des chefs de parti: Jean Charest (32%), Pauline Marois (31%), Mario Dumont (22%)

Les libéraux remontent aussi dans les intentions de votes des francophones (26%, ce qui est nettement plus élevé que depuis l'élection) alors que l'ADQ perd beaucoup de plumes auprès du même électorat. Dans les régions, le PLQ remonte aussi à 31%, en deuxième position derrière les péquistes (38%).

Les québécois voient de plus en plus ce qui a toujours été vrai: le gouvernement de Jean Charest n'est pas si mauvais que l'on voudrait bien le croire. Certes, nous n'avons pas toujours pris les meilleurs décisions dans certains dossiers. Il reste que, d'un point de vue général, les libéraux font du bon travail à la tête du Québec.

C'est à l'ADQ que l'on doit commencer à être très, très anxieux. L'étoile de Mario Dumont pâlit de plus en plus et ce qu'il apporte jusqu'à présent n'améliore pas sa position. Est-ce le premier pas vers la disparition lente de ce parti? Je ne serais pas prêt à parier ma chemise que M. Dumont pourrait, à l'image de Jean Charest et du PLQ, rebondir d'une position si fâcheuse. Je crois également que beaucoup s'entendront pour dire que peu de gens s'attendaient à ce que M. Charest tire si bien son épingle du jeu après les dernières élections, et que sa performance est impressionnante. Bref, du côté adéquiste, le vote sur le budget sera sujet à de nombreux débats et à une grande prudence.

Pauline Marois et le PQ perdent quelques points depuis le dernier sondage. Cela ne les affole probablement pas; mais peut-être réfléchiront-ils un peu plus longtemps avant de voter contre le budget. Leur 31% reste néanmoins suffisant pour être certains de supplanter l'ADQ en cas d'élection.

À suivre chez les libéraux: le Congrès des Membres du mois de mars, où seront présentées les demandes des maires et de la population du Québec par l'entremise des groupes de travail publics. Ces propositions, formulées dans le respect des aspirations des citoyens de la province, influenceront le budget. Il y aura également le vote de confiance de Jean Charest. À suivre... car en cas de bons résultats, le PLQ pourrait bien poursuivre sa remontée dans les sondages.

25 février 2008

Les maths avec un peu plus de bosses

Mon jeune frère est actuellement en secondaire 3. L'an prochain, il aurait normalement dû être placé soit en mathématiques 436, 426 ou 416 (436 dans son cas, vu ses résultats). Toutefois, à compter de cette année, des fonctionnaires du ministère de l'éducation ont décidé de changer la façon de faire. Désormais, les maths fortes et les maths allégées, ça n'existe plus: on propose aux élèves trois "orientations", à savoir sciences naturelles, technico-sciences et culture, société et technique.

Non contents de faire parvenir aux parents de la documentation relativement obscure, on leur demande d'épauler leur jeune dans le choix de la branche. Or, ce qu'il faut savoir, c'est que cette nouvelle approche oriente théoriquement tout le champ d'études auquel l'élève aura accès dans l'avenir. Alors qu'auparavant un élève qui faisait ses cours de 436 et de 536 avait accès à tous les programmes au Cégep, maintenant, celui qui fera sciences naturelles pourrait théoriquement se voir refuser l'accès aux cursus contenant des mathématiques de statistique. En effet, chaque sous-branche se penche sur des mathématiques spécifiques. En sciences naturelles, on se concentrera sur les vecteurs ou les fonctions exponentielles, alors que le profil culture, société et technique se bornera plutôt aux études de situations pratiques, comme à faire un choix entre une voiture hybride et à essence (exemple tiré de la documentation).

Ce qui me gêne ici d'une part, c'est qu'on pourrait refuser l'accès à certains programmes à un étudiant qui, ayant de bonnes aptitudes mathématiques, s'oriente dans le profil le plus "fort", à savoir sciences naturelles. Je dis "fort" car, théoriquement et dans l'optique du ministère, il n'y a plus de mathématiques fortes ou allégées, mais seulement des profils différents. Refuserait-on un élève ayant choisi sciences naturelles en sciences humaines parce qu'il n'a pas fait de statistique? J'espère que les Cégeps sauront se montrer suffisamment lucides pour constater que l'élève ayant suivi ce dernier parcours sera tout à fait apte à suivre les cours de statistiques collégiaux.

D'autre part, j'ai la vague impression qu'on assistera à une forme de nivellement vers le bas avec cette nouvelle division des concepts entre différents groupes. En 436, on voyait auparavant une large palette de concepts, qui était réduite en 426 et très épurée en 416. Dans la branche forte, on faisait donc aussi bien de la statistiques que des vecteurs ou la fonction exponentielle. Le profil sciences de la nature ne montrera probablement pas toutes ces notions. On réduit ainsi le volume d'information qui est transmis aux élèves de la branche "forte". Difficile de faire mieux dans le domaine de la baisse de qualité. Mon souhait le plus cher est de me fourvoyer dans mes prédictions à ce sujet.

Pour couronner le tout, on demande aux parents d'épauler leur enfant relativement indécis dans le choix d'une branche. Pour leur donner un coup de main, on fait faire aux élèves un test d'orientation qui les classifie dans un des six types de personnalités, ce qui est sensé les aider à choisir. Comme manière d'essayer de mettre les gens dans une boîte et de leur apposer une étiquette, j'ai rarement vu mieux. Après lecture rapide de leurs profils, je considère que je peux m'identifier à au moins quatre d'entre eux vu le caractère très vague des termes employés. Comment cela est-il supposé aider le jeune à choisir sa voie? On fait appel dans ces textes à un procédé semblable à l'un de ceux que l'on expose dans le livre Petit cours d'auto-défense intellectuelle de Normand Baillargeon (très bon ouvrage pour connaître les bases de la philosophie et de la pensée critique, bien qu'il faille le prendre avec un grain de sel). On y raconte qu'un professeur d'université en psychologie, B. R. Forer, distribua en 1940 à ses élèves un test de personnalité. Sans jeter un oeil aux réponses, il leur remit le lendemain un texte unique fait de phrases vagues pouvant décrire à peu près n'importe qui, du genre "Bien que vous ayez quelques faiblesses de personnalité, vous êtes généralement capable de les compenser." Les étudiants, qui devaient donner une note de fiabilité sur 5 à ce test, lui donnèrent en moyenne 4.2, résultat qui fut confirmé par des répétitions ultérieures. L'effet Forer est donc cette tendance des gens de s'identifier à des propositions vagues qui pourraient concerner tout le monde. Dans le cas qui nous intéresse, on décrit la personnalité artistique, par exemple, comme une personne "spontanée, expressive, imaginative, émotive, indépendante [...]", ou la personne sociale comme "coopérative, collaboratrice, compréhensive, dévouée, sensible, sympathique [...]". Cela peut donner un coup de main, à la limite, mais il faudrait beaucoup mieux cerner les concepts.

De toute manière, ce test n'est pas d'une grande aide aux parents qui ne peuvent pas vraiment comprendre ce en quoi les nouveaux profils mathématiques consistent vu le remarquable flou des descriptions proposées. Les exemples de notions ne sont pas vraiment satisfaisants (on aurait préféré avoir un programme complet); le profil technico-sciences et le profil sciences naturelles sont présentés comme offrant exactement les mêmes possibilités de carrière; tous les profils sont décrits comme ayant pour but de faciliter l'intégration future de l'élève sur le marché du travail. Ah! Je ne savais pas que les programmes antérieurs poursuivaient un autre but...

Ce sont des réactions à chaud. Il reste à voir ce que cette réformette du système des mathématiques en secondaire 4 et 5 va donner. Par contre, le coup d'envoi ne mérite pas une bonne note. La suite ferait mieux d'être plus édifiante.

23 février 2008

La liste d'épicerie

Voici les principales demandes de Mario Dumont dans le cadre du prochain budget à Québec, selon cyberpresse:

> Famille: 100$ par semaine non imposables pour chaque enfant de 4 ans et moins qui ne fréquente pas un centre de la petite enfance ou une garderie subventionnée.

> Emploi: aider les prestataires de l'assurance emploi à retourner sur le marché du travail (20 millions).

> Économie: offrir des crédits d'impôt aux entreprises pour qu'elles se modernisent et ainsi accroître la productivité (50 millions).

> Immigration: améliorer la francisation des immigrants pour faciliter leur intégration au travail (15 millions).

> Transferts fédéraux: aller chercher à Ottawa un milliard de dollars pour l'éducation postsecondaire. Réclamer au gouvernement fédéral 100 millions supplémentaires pour aider les secteurs manufacturier et forestier.

On y trouve du bon et du moins bon. L'un des principaux problèmes concerne l'éternelle faiblesse de l'ADQ: on demande de l'argent, mais on ne dit pas réellement comment l'utiliser. Comment aider les assistés sociaux à trouver un emploi? Quels crédits d'impôt doit-on donner aux entreprises, précisément, sachant que la "modernisation" est un terme pouvant être bien vague? En attendant qu'il clarifie sa position sur ces points qui pourraient néanmoins être intéressants, examinons les autres suggestion de Mario Dumont.

Pour l'immigration, le gouvernement a déjà annoncé qu'il débloquerait de nouveaux fonds pour procéder à la francisation et à l'intégration harmonieuse des immigrants. Le chef de l'ADQ peut donc dormir tranquille: il n'est pas le premier à y penser.

La volonté de créer un système d'allocations familiales revient sur le plancher après avoir disparu du discours adéquiste pendant des mois. Mais pour notre État qui fait face à de grandes pressions fiscales à l'heure actuelle, où ira-t-on prendre l'argent pour instaurer ce type de transferts? Il s'agit tout de même de 5200$ par année par enfant qui n'est pas en garderie... Mario Dumont voudrait-il que les garderies soient augmentées à 9$ ou 10$? Préférerait-il une hausse d'impôts? À moins qu'il ne soit resté sur l'idée d'une hausse de la TVQ, qui devrait pourtant être dirigée vers la santé... La suggestion est irréaliste dans le contexte actuel, à moins que l'on fasse la preuve que les québécois sont prêts à consentir à un nouveau sacrifice financier pour instaurer ce système, ce qui est loin d'être gagné.

Enfin, ma proposition préférée est celle d'aller chercher un milliard de dollars à Ottawa pour l'éducation postsecondaire, plus 100 millions pour l'industrie forestière. Étonnant pour un ancien partisan du Oui! Mario Dumont devrait pourtant savoir qu'il faut toujours se battre avec le gouvernement fédéral pour obtenir plus de fonds. Comment le gouvernement du Québec pourrait-il budgeter de l'argent dont il ne dispose même pas tout en demeurant responsable? Si Mario Dumont est prêt à aller lui-même négocier avec son ami Harper, souhaitons-lui bien du plaisir. En attendant, ne vendons pas la peau de l'ours avant de l'avoir tué. Nous pouvons bien aller à Ottawa, mais rien ne garantit que nous allons obtenir gain de cause. Il serait donc mal venu de la part de Mario Dumont de menacer le gouvernement sur un budget qui ne comporterait pas de mention en ce sens.

21 février 2008

Sur la bonne voie

Je dois avouer être surpris. Je m'attendais à ce que le Parti Libéral du Québec soit plus enthousiaste face aux suggestions de M. Castonguay d'ouvrir la porte au secteur privé en santé. Je m'étonne moins que le PLQ ne veuille pas augmenter le fardeau financier des contribuables; c'est tout à fait logique si ce parti veut être conséquent avec lui-même. D'ailleurs, la santé n'est pas le bon endroit où prélever directement des fonds, comme je l'ai dit auparavant. C'est plutôt l'approche de la productivité qui sera privilégiée, selon ce qui ressort des déclarations de Jean Charest, de Philippe Couillard et de Monique Jérôme-Forget.

C'est un pas dans la bonne direction. En effet, si l'on veut réformer notre système de santé public sans émietter les principes de base d'universalité et d'accès aux soins, la solution passe par un changement de la gestion de nos institutions médicales. L'un des bons moyens de réduire les dépenses en santé consiste à limiter le gaspillage. Selon ce qui sera concrètement proposé, la piste de la productivité ouvre la voie à une réforme progressive de la mentalité et de la façon de faire dans nos hôpitaux, le tout sans altérer négativement les valeurs qui sous-tendent ce système. Il est donc à espérer que le gouvernement persistera en ce sens et qu'au moins un des deux partis d'opposition saura voir la validité de cette démarche.

Il reste un seul hic, néanmoins, et je ne le dirai jamais assez: nous manquons de main-d'oeuvre. De jeunes médecins et du personnel infirmier vont venir, mais la population vieillissante exige un apport très important de spécialistes médicaux. Nous devrions donc sans tarder commencer à reconnaître les diplômes étrangers moyennant un test écrit auprès des ordres professionnels et un stage raisonnablement court utilisés pour valider les études. Et, partant, pourquoi se limiter à la médecine? Les sciences, l'ingénierie et les professions libérales sont d'autres domaines où les immigrants peuvent être un apport très positif. C'est donc une autre clef que nous devrions utiliser pour rajeunir notre vieux système de santé.

Mon humble avis sur... le Québec et le Canada

La question est enfin arrivée: quelle est ma position précise sur la place du Québec au Canada? Pourquoi ne suis-je pas séparatiste? En quoi consiste cette "fédération de provinces" à laquelle j'ai fait références quelques fois déjà? Je tenterai aujourd'hui de répondre à tout cela.

Débutons par le plus simple: je ne suis pas souverainiste. C'est d'abord une question d'énergie. Depuis des décennies, une grande part du débat public québécois a été drainé vers le débat de l'indépendance du Québec, sans pour autant donner de résultats tangibles. Après deux référendums perdants et tant d'entre-déchirement collectif, je commence à croire que nous ferions mieux de laisser cette idée de côté pour nous consacrer aux problèmes actuels avec plus d'attention. Au lieu de toujours ramener ce qui se passe autour de nous dans l'optique souverainiste, notre énergie serait mieux dépensée à tenter de réaliser à son meilleur notre Québec, pour en faire une nation prospère, culturellement riche et audacieuse. Le temps perdu à débattre de séparation a donc été beaucoup plus improductif qu'édifiant ou utile, et plus les années passent, pire cela devient puisque l'on s'embourbe sans cesse dans les mêmes ornières.

En outre, je n'aime pas l'attitude qui est sous-tendue par l'indépendantisme. L'un des arguments les plus récurrents des souverainistes est que nous n'avons pas signé la Constitution canadienne, ce qui constitue automatiquement un rejet de ce pays par le Québec qui n'y trouve pas sa place. Je ne renie pas ce dernier fait. Si les libéraux ne signent pas eux-mêmes la Constitution, c'est qu'elle ne nous convient pas. Toutefois, la solution séparatiste consiste à rejeter en bloc le Canada en disant que nous n'avons plus rien à y faire. Il en découle une sorte de défaitisme, dont le raisonnement est le suivant: "puisque nous n'avons pas été en mesure d'adapter la Constitution à notre goût, le Canada n'est plus pour nous". C'est une attitude qui baisse les bras, en quelques sortes. Au contraire, l'option fédéraliste est plus entreprenante, plus positive. Elle encourage à ne pas se laisser abattre et à se retrousser les manches pour en arriver à une Constitution qui nous conviendra sans pour autant briser un pays. D'ailleurs, nous devons bien nous l'admettre, nous ne sommes pas si mal logés au Canada.

Enfin, la souveraineté me semble hautement inutile, et cette impression s'intensifie au fur et à mesure que le temps passe. Si à l'époque des Patriotes une sécession aurait peut-être pu être justifiée puisque nous étions bien plus opprimés en tant que peuple alors, de nos jours nous avons de nombreux droits et nous sommes bien loin de l'assimilation, n'en déplaise à certains. Le Canada nous offre beaucoup de liberté individuelle et collective; l'autonomie du Québec est relativement étendue; notre économie se porte très bien comparativement à plusieurs autres endroits du monde; malgré certains accrocs, le Canada ne cherche pas à réprimer sa minorité francophone. Je vois mal donc où sont les fabuleux avantages que nous promettent les indépendantistes en cas de séparation du Québec. Dans mon esprit, la situation resterait sensiblement la même, si ce n'est que tout notre impôt irait à Québec, qui en contrepartie devrait assurer toutes les dépenses d'un État indépendant. Cela ne changerait pas grand chose. La souveraineté me semble donc plus ou moins vaine.

Maintenant que j'ai exposé les grandes lignes de mon opposition à la souveraineté et de mon adhésion à l'option fédéraliste, il convient de clarifier ma position. En effet, la question de l'indépendance du Québec ne peut absolument pas être réduite à une opposition entre trois pôles, avec une "nouvelle" solution intermédiaire, à savoir fédéraliste-autonomiste-souverainiste. Il s'agit plutôt d'un véritable continuum d'options possibles, que je classerais généralement ainsi (de la plus fédéraliste à la plus indépendantiste): Fédéraliste orthodoxe (à la Trudeau) / Fédéralisme d'ouverture / Société distincte / Provincialisme / Autonomisme / États associés / Souveraineté-association après référendum avec négociation d'union économique / Souveraineté unilatérale avec référendum sans négociation / Souveraineté unilatérale à élection de parti séparatiste / Indépendance révolutionnaire (armée). Je devrais définir ici tous ces concepts, mais vous comprendrez que ce type de billet est très long. Je me contenterai donc de m'inscrire dans la section provincialisme et de vous expliquer ce dont il s'agit, puisque c'est une option relativement obscure et personnalisée.

Après avoir étudié attentivement la Constitution canadienne ainsi que les demandes constitutionnelles de tous les premiers ministres du Québec depuis 1936 (vous pourrez les trouver ici), j'en suis venu à forger ma propre position sur ce que pourrait devenir le Canada. Il me semble d'abord que l'esprit de base de notre fédération devrait être une union des provinces. À l'origine, le Canada a été fondé entre autres pour faire contrepoids à l'économie américaine en réunissant les colonies britanniques en une seule entité, de manière à créer un nouveau marché. L'autre objectif était de s'accaparer le territoire des prairies avant nos voisins du Sud, qui étaient à l'époque une menace sérieuse pour toutes les colonies. L'optique de contrepoids et de création d'un marché peut toujours prévaloir aujourd'hui. Le Canada s'est ainsi créé à la demande des colonies (bien que le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse aient changé d'avis avant d'être forcés à rejoindre le Canada). Bien que la question puisse prêter historiquement parlant à débat, je considère donc que l'esprit de la fédération est de servir les intérêts des provinces. Dans cette optique, le provincialisme met les provinces de l'avant comme gouvernement de base du Canada, qui à leur tour mettent certains secteurs en commun au niveau fédéral. À l'heure actuelle, c'est plutôt la mentalité inverse qui domine.

Par ailleurs, vu la taille du Canada et la très grande variété de gens qui y vivent, les gouvernements décentralisés doivent être priorisés. Ainsi, dans plusieurs champs de compétences, les provinces doivent avoir la priorité ou l'exclusivité, puisqu'elles sont les mieux placées pour décider au nom de leur population en tenant compte de leur situation particulière. Dans un Canada considéré comme une véritable union de provinces, cela serait mieux appliqué.

J'ajoute à tout ceci un concept un peu plus audacieux. Le fait que les Québécois forment une nation, malgré tous les débats partisans à ce sujet, ne peut pas être remis en doute. Il est donc vrai qu'en tant que nation, nous devons avoir une certaine liberté d'orienter notre avenir collectif. Toutefois, j'irai plus loin: les québécois, les canadiens-anglais et les autochtones ne sont pas les seules nations du Canada. Je crois que, de plus en plus, chaque province peut constituer une nation en soi. Un ontarien, un néo-écossais et un britanno-colombien sont tous très différents les uns des autres et, en Alberta, lorsque l'on demande aux canadiens de toutes origines d'où ils viennent, ils répondent majoritairement qu'ils sont de leur province et non pas qu'ils sont du Canada (à l'exception des ontariens). Ajoutons à cela les Acadiens et nous obtenons un Canada aux visages multiples. Il est faux de croire que seul le Québec devrait revendiquer plus d'autonomie pour assurer l'avenir de sa nation: chaque province constitue, à sa façon, une forme plus ou moins développée de nation qui justifie pleinement l'adoption d'un système fédératif véritable, une union de provinces.
Puisque j'endosse cette vision, je prône que les provinces travaillent ensemble à l'établissement d'un pacte fédératif plus proche de celui qui prévaut en Suisse. La décentralisation des pouvoirs doit s'accentuer légèrement et s'uniformiser pour les provinces, et les pouvoirs résiduels devraient leur être attribués. Les pouvoirs fédéraux restants devraient notamment comprendre une compétence partagée en environnement (pour établir un cadre national que les provinces adapteraient à leurs besoins), la défense, les poids et mesures, les pouvoirs d'un État indépendant (tarifs douaniers, passeports, acceptation des immigrants en compétence partagée avec les provinces), certaines prémisses limitées en économie, les eaux territoriales, une partie de la justice et de la sécurité publique, le patrimoine de niveau pancanadien, etc. Les provinces devraient avoir un accès reconnu par la Constitution à une présence internationale dans leurs domaines de compétences et une plus large part des impôts. Enfin, le sénat devrait être changé en chambre des provinces au fédéral et ses pouvoirs révisés, et un tribunal constitutionnel devrait être formé pour étudier les questions relevant du document fondamental de notre pays.

Le provincialisme tient son nom du fait qu'il place les provinces au centre de ses préoccupations. Il se différencie de l'autonomisme de Mario Dumont du fait qu'il désire intégrer l'ensemble des provinces canadiennes dans l'effort de décentralisation, alors que l'ADQ souhaite surtout recroqueviller le Québec sur lui-même en se bornant à demander toujours plus de pouvoirs à Ottawa sans se préoccuper des autres provinces, avec lesquelles nous aurions pourtant tout avantage à nous entendre économiquement et constitutionnellement. Le provincialisme est d'autant plus prometteur que les autres provinces du Canada commencent à avoir une conscience individuelle plus pointue. Terre-Neuve et l'Alberta sont, après le Québec, les plus avancées sur ce terrain. Bien entendu, une telle approche sera difficile à utiliser, mais je demeure optimiste et je crois qu'il y a là matière à une discussion sensée. De plus, ma version du provincialisme est encore sujette à évolution.

En attendant, le fédéralisme d'ouverture me semble la meilleure voie, puisqu'il permet de conclure des ententes pour satisfaire à certaines demandes du Québec. Néanmoins, le risque qu'un changement de gouvernement mette fin à celles-ci est toujours présent. C'est pourquoi je demeure convaincu que la question constitutionnelle ne doit pas être mise de côté et qu'un jour ou l'autre, nous devrons revenir à la table des négociations.

19 février 2008

Ouf! Pas de franchise en santé

Soulagement de mon côté: Philippe Couillard n'appliquera pas l'idée du rapport Castonguay d'imposer une franchise de 100$ par personne en santé au Québec. Je suis partiellement pour l'instauration d'une forme de ticket modérateur, mais il serait à mon avis de faible coût et aurait pour principal objectif de réduire la clientèle superflue des urgences (tels que les parents qui y courent dès que leurs enfants ont le rhume). Il n'en demeure pas moins que je préfèrerais une autre solution, car notre système de santé est une assurance où l'utilisateur-payeur n'a pas vraiment sa place (contrairement à d'autres secteurs).

Le pire du pire sera donc évité, bien que cela ne soit peut-être pas pour les bonnes raisons. Philippe Couillard évoque des considérations d'ordre pratique, alors que mon opposition personnelle découle plutôt de principes d'accessibilité. Ajoutons-y encore que peut-être le 100$ en question n'aurait absolument aucun effet sur la rapidité de l'accès aux soins mais permettrait uniquement de réduire l'accroissement des dépenses de l'État consacrées à la santé.

Il n'en demeure pas moins que le rapport Castonguay désire élargir le rôle du secteur privé en santé. De prime abord, comme je l'ai déjà mentionné ici, je considère qu'il s'agit là de mesures temporaires et qu'elles ne devraient pas faire l'objet d'un présumé "nouveau contrat social" dont le rapport se gargarise. Il y a de nombreux éléments positifs avancés par la commission Castonguay, mais ce ne sont pas ceux qui sont à la source des débats actuels. Je ne pense pas que beaucoup de monde se surprenne ou s'insurge contre les idées d'améliorer la productivité du système de santé ou encore de consolider nos soins de première ligne. La place du privé demeure une pierre d'achoppement majeure et me semble contradictoire avec l'idée de vouloir améliorer le système public sans proposer de réforme efficace de celui-ci. On pourrait même penser que, dans ce dernier cas, le recours au privé ne serait même plus utile. Toutefois, je n'en dirai pas beaucoup plus pour l'instant. En effet, mis à part la reconnaissance des diplômes étrangers, qui demeure une mesure urgentissime et incontournable pour le Québec, je ne dispose pas de solutions alternatives comme je tente d'en proposer généralement sur ce blogue.

Je vais donc me pencher sur le sujet et faire des recherches sur les systèmes de santé publics qui fonctionnent ailleurs dans le monde. Quand j'aurai eu le temps de le faire, vous aurez droit à un petit billet "Mon humble avis sur... la santé". D'ici-là, restons prudents et regardons les choses évoluer.
Enfin, pour ce qui est de la hausse de la TVQ, ce n'est qu'un moyen parmis tant d'autres d'assurer un financement adéquat des services de l'État. Dans ma logique personnelle, il est préférable de réduire la pression sur d'autres postes budgétaires, comme les transports en instaurant des péages, et ainsi d'avoir plus de marge de manoeuvre pour les services sociaux et la santé sans y imposer une tarification. Il me semble que c'est la meilleure façon d'être juste envers le contribuable, car on contrôle quand on roule sur une autoroute, mais pas quand on tombe malade.

18 février 2008

Marois en parle

Avez-vous regardé le passage hier de Pauline Marois à l'émission Tout le monde en parle? Je me retiens en ce moment d'embarquer dans le jeu de la chef du PQ et de parler de ses échanges avec l'astronaute Julie Payette (que je salue d'ailleurs). Je me contenterai de dire que les yeux de cette dernière voulaient tout dire... Si vous avez la chance de voir l'extrait en question, n'hésitez pas. Je vous laisse tirer vos propres conclusions.

Je me pencherai plutôt sur les autres dérapages de Pauline Marois. Du haut de sa grande pureté, elle a rejeté tous les problèmes de la réforme sur le dos de M. Reid, dans une mauvaise foi presque écoeurante. Ce ministère est loin d'être un portefeuille facile à gérer et elle devrait être la première à le comprendre. Lorsqu'en plus un nouveau ministre doit récupérer une réforme mise en place par l'ancien parti au pouvoir et la mettre en application, on peut très bien comprendre qu'il veuille la retarder. Du reste, les péquistes essaient encore de se laver les mains de leur chère réforme sur le dos du parti libéral. Sans affirmer que nous sommes au-dessus de tout blâme, il me semble évident que les péquistes sont loin de ne pas avoir contribué pour plus que leur part dans l'échec de la réforme scolaire.

Quant à l'échange avec l'auteur d'origine brésilienne Sergio Kokis, on ne peut pas en conclure grand chose sinon que Pauline Marois semble vouloir ignorer plus ou moins le fait que nos élites parlent moins bien français qu'auparavant. Certes, la majeure partie de la population s'est améliorée, mais ceux qui servaient d'exemple ont nivelé par le bas. Bref, presque tout le monde se retrouve de niveau moyen et c'est là que commence la dégradation lente.

À la décharge de Pauline Marois, notons que son niveau d'anglais s'est notablement amélioré depuis ses premières déclarations publiques dans cette langue en tant que chef du PQ. Je lui souhaite donc bonne continuation dans son apprentissage, sans toutefois décolérer de l'échange avec Julie Payette...

17 février 2008

Des kosovars et des québécois

C'est aujourd'hui officiel: le Kosovo, (ex-)province de la Serbie à majorité albanophone sujette à des décennies de protestation séparatiste pacifique et armée, a proclamé son indépendance. C'est le dernier acte de démantèlement de l'ex-Yougoslavie.

Pour mieux voir cette carte: http://www.usip.org/pubs/images/kosovo.gif

Quelle opportunité pour les séparatistes du Québec! Il est à parier que certains souverainistes établiront rapidement un parallèle entre la situation de notre province et celle du Kosovo, pour en conclure automatiquement que si c'est bon pour eux, c'est bon pour nous. En plus, les bases de comparaison semblent à première vue solide: le Kosovo est une petite nation (un peu moins de 2 millions d'habitants) et 90% de la population y parle une langue qui n'est pas celle de la Serbie, l'albanais. Une minorité de 10% de serbes, concentrée dans le nord du pays, proteste violemment contre la séparation (voir ici le lien avec la communauté anglophone de Montréal, si souvent sujette à ce genre de reproches). Les indépendantistes québécois n'en sont d'ailleurs pas à leur premier parallèle: la vague de création de nouveaux pays qui a suivi la chute de l'URSS a souvent inspiré des réflexions du genre "Les estioniens ont usé de leur droit à s'auto-déterminer en tant que peuple, nous devons faire comme eux".

Mais ce raisonnement ne tient pas du tout. J'applaudis la sécession du Kosovo, mais je désapprouve celle du Québec. Établir une comparaison entre les deux situations (ou avec celle de tout autre pays de l'ex-URSS ou de l'ex-Yougoslavie) relève de l'aveuglement volontaire, sinon de la mauvaise foi la plus crasse. Quand avons-nous au Québec été soumis à un régime communiste totalitaire du genre de celui de Tito ou de Staline? Quand avons-nous subi une répression sanglante ou mené une guerre civile prolongée et généralisée (les Patriotes sont une révolte mineure et qui date de longtemps)? Quand nos droits démocratiques et humains ont-ils été bafoués aussi scandaleusement que dans ces pays? Quand des nettoyages ethniques ont-ils forcé des milliers de nos compatriotes à s'exiler? La réponse à toutes ces questions est jamais. Ajoutons à cela que notre économie n'est plus aussi moribonde que celle du Kosovo depuis bien longtemps et que nous sommes libres de prospérer. Bref, notre situation est radicalement différente de celle du Kosovo. Ce pays meurtri avait besoin de son indépendance pour relever la tête; nous avons déjà la tête haute et vouloir se séparer relève d'une attitude d'enfant gâté. Au sein du Canada, nous disposons de tous les outils nécessaires pour faire entendre notre voix démocratique, développer notre économie, protéger notre culture et créer nos mesures sociales.

Voici donc à l'avance la réponse que je donne à ceux qui pourraient s'aventurer dans d'hasardeuses et frauduleuses comparaisons entre deux cas qui n'ont absolument rien de commun. Du reste, souhaitons bonne chance au Kosovo, d'autant plus que la route est loin d'être belle: Russes et Serbes s'opposent vivement à l'indépendance. Espérons que les Balkans ne deviendront pas, une fois de plus, le théâtre d'un conflit déplorable.

15 février 2008

Mon humble avis sur... les ressources naturelles

Avec la sortie du livre vert de Claude Béchard sur la forêt, les ressources naturelles sont d'actualité. Mais il ne s'agit pas uniquement de la forêt: on devrait plutôt parler des ressources électriques (peu importe la source), forestières et hydriques. Je ne parlerai pas des exploitations minières, puisque le gouvernement n'a pas grand chose à faire dans ce secteur à part établir des normes et que je ne suis pas au courant de la situation générale à l'heure actuelle.

Électricité et énergie: Au Québec, il me semble clair que l'avenir, en matière d'énergie, n'est pas dans les carburants fossiles ni dans l'énergie nucléaire. S'il y a un endroit dans le monde où nous n'en avons pas besoin, c'est bien ici. Nos ressources hydro-électriques sont déjà passablement bien gérées et exploitées, bien que quelques projets intéressants restent à être réalisés. Le débat se situe ici plutôt autour du coût de la ressource. La tarification de l'hydro-électricité est proprement dérisoire à l'heure actuelle, et toute modification aux prix entraîne de l'instabilité politique. Loin de servir ou de nuire à nos politiciens, les tarifs électriques devraient plutôt avoir pour but de sensibiliser la population à la surconsommation d'énergie (très prononcée au Québec) et de fournir des revenus adéquats à l'État.

Au lieu de maintenir les prix à un niveau qui ne fait qu'encourager le gaspillage, nous devrions revoir à la hausse les tarifs autour de 8¢ le kWh pour au-delà de 30 kWh/jour, et à 5¢ le kWh pour les 30 premiers kWh quotidiens (pour ceux qui l'ignoraient, l'électricité est facturée selon 2 paliers; les premiers kWh sont supposés refléter la consommation minimale, offerte à tarif réduit, et les subséquents représent la consommation d'appoint, plus luxueuse). On devrait par ailleurs instaurer un nouveau palier de tarification reflétant les coûts réels de la consommation électrique de luxe, vers 60 kWh/jour, et au coût de 12 à 15¢ le kWh. On pourrait ainsi encourager la population à réduire sa consommation excédentaire d'électricité. Cela aurait de plus l'avantage de ne pas trop augmenter les factures des personnes consommant avec modération. Par la suite, on devrait faire augmenter automatiquement les tarifs d'hydro-électricité d'un pourcentage équivalent à celui de l'inflation annuelle moins 1%, ce qui évacuerait la tentation des politiciens de geler les tarifs à des fins partisanes et leur crainte de revoir les prix à la hausse lorsque nécessaire. Le tout permettrait d'intensifier nos exportations électriques à l'étranger, qui rapportent gros à l'État du Québec et nous aident à maintenir nos services publics à flot sans alourdir les impôts ou couper dans le gras.

Autre point intéressant pour le Québec, l'énergie éolienne. Pour avoir fait quelques recherches sur le sujet [voir l'article du Devoir], nous disposons dans le nord de la province de l'un des gisements éoliens les plus imposants du monde, au potentiel réellement stupéfiant. Certains comparent notre puissance potentielle à l'équivalent énergétique de plusieurs fois la production actuelle d'Hydro-Québec. Si nous pouvions exploiter cette formidable ressource dans une sorte de second projet La Grande, nous pourrions devenir des leaders mondiaux dans le domaine éolien et exporter de grandes quantité d'énergie verte vers nos voisins. Considérons en plus que les routes et les liaisons électriques depuis le nord existent déjà. Toutefois, pour ce faire, il faut qu'Hydro-Québec prenne en main le développement de l'énergie éolienne. C'est pour cela et pour nous bâtir une expertise dans cette forme d'énergie pleine de promesse que je crois qu'il faudrait confier à la société d'État le mandat de procéder à l'implantation de l'éolien au Québec, au lieu du secteur privé et à coup de petits contrats, sans toutefois évacuer la possibilité pour des entreprises québécoises de proposer l'exploitation de petits gisements dans le sud de la province.

Enfin, j'ajoute à ceci une éventualité. Puisque nous ne disposons pas, jusqu'à preuve du contraire, de gisements pétroliers d'importance au Québec, il serait dans notre intérêt de commencer sérieusement à se pencher vers les nouveaux carburants. Je pense ici tout spécialement à l'hydrogène, dont le potentiel est énorme. Pour le produire, de grandes quantités d'électricité sont requises. Or, nous avons, dans notre province, la capacité de produire beaucoup plus d'énergie que nous pourrions utiliser pour produire de l'hydrogène à grande échelle. Un tel projet permettrait au Québec de devenir de plus en plus indépendant au niveau énergétique, tout en protégeant l'environnement. Cela suppose un engagement ferme des secteurs publics et privés dans le développement des technologies liées à l'hydrogène.

Forêt: J'ai déjà parlé de la forêt sur ce blogue, mais le sujet est vaste. En bref, j'ai jusqu'ici affiché mon parti pris pour une modernisation de notre industrie forestière et sa réorientation vers la production de produits ayant plus de valeur que les pâtes et papiers, pour des raisons à la fois économiques et environnementales. Toutefois, mes idées sur le sujet ne s'arrêtent pas là.

Puisque la forêt y est exploitée, sa gestion devrait dépendre des régions. Une décentralisation des pôles de décision vers l'endroit où les ressources sont prélevées est nécessaire et urgente à réaliser. C'est encore les gens qui oeuvrent sur le terrain qui peuvent avoir l'idée la plus précise de ce qu'il convient de faire et de ne pas faire. L'exploitation forestière sous-tend également le reboisement. Les efforts dans ce sens doivent être intensifiés et l'on doit commencer à se soucier sérieusement d'implanter une plus grande variété d'essences d'arbres sur les sites déboisés.

La forêt québécoise a également un besoin criant d'une norme provinciale fixe de gestion et d'exploitation. Les virulentes sorties de Greenpeace contre nos industries sont motivées, entre autres, par des conflits autour des normes actuellement en vigueur et celle que le lobby environnemental voudrait voir adoptée par l'industrie, qui donnerait entre autres un droit de veto à l'organisme et obligerait nos entreprises à s'approvisionner sur des terres privées américaines plutôt que sur le domaine public au Québec. Outre la déstabilisation économique qu'un tel changement de norme causerait ici, le simple conflit sur la question est un important facteur de tension dans l'industrie. Si le gouvernement imposait une norme précise et environnementalement stricte tout en débloquant les ressources financières pour procéder aux inspections requises, tous y trouveraient leur compte.

Parlant de normes, dans tous les domaines (énergie, forêt et eau, ainsi que toute autre exploitation de nos ressources), il est impérieux de se donner les moyens de faire respecter notre législation. Nous avons besoin d'un corps efficace d'inspecteurs ayant tous les pouvoirs requis pour s'assurer que l'industrie respecte nos exigences environnementales.

Enfin, sur la forêt, il faut réduire le degré d'exploitation de notre ressource et se tourner vers des produits qui, à même valeur, demandent moins de bois pour l'avenir de l'industrie. Il en va de la pérennité de la ressource.

Ressources hydriques: Par ressources hydriques, j'entends l'eau elle-même, hors de la production électrique. À l'heure actuelle, nous manquons cruellement d'argent et de main-d'oeuvre pour la protéger, d'information sur l'état de notre ressource et de moyens pour s'assurer que nous bénéficions de son exploitation.

Une première nécéssité consiste à imposer un tarif sur l'eau captée à des fins industrielles et commerciales. Notre ressource est actuellement bradée pour rien alors qu'elle devient de plus en plus en demande. Nos réserves sont imposantes, mais pas inépuisables. C'est une bonne façon de débloquer les fonds nécessaires pour établir des normes, évaluer l'état de nos réserves et procéder aux inspections requises.

Mieux encore, il faudrait imposer une tarification résidentielle sur les consommations de luxe. Nous pourrions fixer un volume d'eau quotidien selon le nombre de personnes par maison ou logement et instaurer un prix au litre sur la consommation excédentaire. Cela sensibiliserait la population à la surconsommation et l'encouragerait à réduire l'excès. On pourrait coupler cette mesure à un bonus fiscal raisonnable pour les résidences consommant à un niveau en-deçà de la moyenne, de manière à faire du renforcement positif.

Il est également nécessaire de considérer l'eau comme une ressource collective que nous prêtons aux entreprises en notre nom. La formule proposée récemment par les groupes de consultation mandatés par le PLQ est en cela intéressante, puisqu'il s'agit d'une quasi-nationalisation de l'eau. Toutefois, j'aimerais attirer à l'attention de mes lecteurs une formule que je crois novatrice, et qui a été développée lors du Forum Étudiant auquel j'ai participé au début de janvier. Selon cette formule, l'État commence par instaurer une norme sévère sur la ressource. Peu de temps après, il procède à la nationalisation de toutes les entreprises qui ne sont pas en mesure de se conformer à la nouvelle norme et instaure une gestion responsable de la ressource. Toutefois, celles qui sont en mesure d'atteindre les nouveaux standards peuvent rester propriétaires et sont les bienvenues. Par la suite, toute entreprise québécoise le désirant peut demander au gouvernement de racheter une portion de la propriété publique pour l'exploiter au nom de la collectivité. Si elle est en mesure de prouver qu'elle respectera la norme gouvernementale, on lui donnera le feu vert. À tout moment, si une entreprise cesse de respecter le cadre législatif, l'État procède à sa nationalisation immédiate. L'étatisation devient donc ici un moyen d'assurer la pérennité de la ressource et l'observation stricte des règlements, sans pour autant brimer le secteur privé qui désire obéir aux lois. On s'assure donc le contrôle de la ressource collectif et on permet la libre-entreprise.

Bien entendu, cette dernière formule n'a jamais été mise en place à ma connaissance. Il est fort possible qu'elle nécessite des améliorations, mais l'idée de fond me semble très intéressante. On devrait donc considérer une solution du genre pour la gestion de nos ressources hydriques.

Voilà qui conclut mon billet "Mon humble avis sur..." hebdomadaire. Les ressources du Québec nous appartiennent et doivent contribuer positivement à notre développement présent et futur, dans le respect de l'environnement. À nous de prendre les mesures nécessaires pour s'en assurer.

14 février 2008

D'où viens-je?

Suite à la demande expresse de Tym Machine sur son blogue, et puisque tant de gens me l'ont demandé depuis que je fais de la politique, il serait bienvenu aujourd'hui que je vous expose brièvement comment et pourquoi je suis arrivé au Parti Libéral du Québec à 16 ans.

Il n'y a pas vraiment de date précise marquant le début de mon intérêt pour la chose politique, qui n'est par ailleurs pas particulièrement dû à mon milieu familial. Dans ma famille, nous nous sommes toujours tenus au courant de l'actualité et mes parents se font un devoir d'aller voter, mais personne ne faisait de militantisme (malgré des sympathies libérales provinciales claires). C'est ainsi que j'ai quelques souvenirs fugaces (j'ai très mauvaise mémoire, malheureusement) de l'élection provinciale de 2003, bien qu'à l'époque, étant âgé de 12 ou 13 ans, je ne comprenais pas très bien les enjeux. On peut considérer que c'est avec le scandale des commandites que je me suis mis à accorder plus d'attention au monde politique québécois et canadien. Au début, je m'intéressais presque uniquement au domaine fédéral. J'ai suivi de plus en plus activement les rebondissements du gouvernement minoritaire de Paul Martin et l'élection de Stephen Harper, jusqu'à l'automne 2006, considérant au départ que l'arène politique provinciale était un "no man's land" où souverainistes et fédéralistes s'affrontaient jusqu'à la mort, un endroit d'où les hommes sortaient brisés et où le débat était difficilement possible et peu productif. Ma perception a commencé à se modifier pendant l'été 2006.

Puisque la politique m'intéressait tant et que je faisais mon projet de fin de secondaire sur une comparaison entre nos conservateurs et les républicains américains du point de vue du programme électoral, j'ai décidé vers le mois de novembre 2006 de me trouver un parti fédéral. Après avoir pensé un moment prendre ma carte du NPD, j'ai réalisé que je n'aimais vraiment aucun parti à Ottawa, puisque je demeurais largement indécis. Ma mère m'a suggéré de jeter un oeil aux partis provinciaux. Là, le choix était clair: j'étais pour le PLQ. Je me suis rendu sur le site internet et j'ai commandé un formulaire d'inscription. C'est en décembre 2006 que je suis devenu membre. J'ai reçu une invitation à une élection de délégués pour le Conseil Général Élargi du parti de 2007, en février, qui remplaçait notre Congrès des membres en raison des élections à venir, et je m'y suis rendu seul. Le soir-même, j'ai été élu délégué et j'ai rencontré Françoise Gauthier, alors députée de Jonquière et ministre du Tourisme. Après le congrès, j'ai milité lors de sa campagne. En octobre 2007, suite à l'accalmie de l'été, on m'a proposé de me présenter au poste de Représentant régional du Saguenay pour les jeunes libéraux, devenu vacant après une démission. J'ai été élu par acclamation et depuis, je m'implique activement à la Commission-Jeunesse du PLQ, en plus de siéger sur l'exécutif libéral du comté de Jonquière depuis le mois de septembre. Voilà pour ma bio politique accélérée.

Certains pourraient dire que je suis libéral parce que mes parents le sont et qu'ils m'y ont endoctriné. Je ne puis nier l'influence de mon milieu (je ne suis pas né dans les choux), mais cela serait une insulte à mon sens critique que d'en conclure que je n'ai pas moi-même fait de démarche de réflexion sur le sujet. Je déteste les prises de positions gratuites et je m'arrange toujours pour m'informer en profondeur sur les options en présence. Bien qu'ayant déjà une préférence marquée pour le PLQ, j'ai pris un temps de réflexion avant de commander ma carte, et j'ai consulté attentivement les sites et les plate-formes de chacun des partis provinciaux. Mon choix s'est toujours trouvé confirmé par mes découvertes subséquentes, mes lectures et les expériences que j'ai vécues. Je tiens d'ailleurs à souligner, une fois de plus, que j'ai seul fait la démarche pour m'inscrire au parti et pour assister à une réunion. Je suis donc, en quelques sortes, sorti de nulle part.

Pourquoi suis-je libéral, donc? Il y a de nombreuses raisons. C'est d'abord parce que le PLQ a été présent au Québec tout au long de son histoire et a été à l'origine de très nombreux progrès pour notre société. C'est un parti qui a su s'adapter aux rigueurs du temps, survivre aux périodes sombres pour mieux renaître et inspirer la population par la suite. C'est un parti de grands projets et de grands hommes, soucieux de l'intérêt de notre province. Pour la Révolution Tranquille, pour Godbout, Lesage, Lévesque (non, je ne l'exclus pas) et Bourassa, pour la Baie James et Hydro-Québec, pour le vote des femmes, pour l'éducation obligatoire, pour l'assurance-maladie, pour toutes ces choses et bien d'autres encore je considère que le PLQ est un élément qui a été déterminant pour l'évolution du Québec. En plus, j'apprécie tout particulièrement l'attitude du parti. Respectueux, ordonné, le PLQ se démarque par une philosophie posée et rationnelle qui me plaît. En outre, puisque bien entendu on ne peut passer à côté de la question au Québec, je ne considère par la souveraineté comme une option intéressante. Je ne m'étendrai pas sur ce sujet particulier ici, toutefois, puisque cela pourra très bien faire l'objet d'un prochain billet (je me suis intéressé de très près à l'histoire constitutionnelle du Québec).

Le PLQ est aussi le parti qui demeure le plus proche de mes idées, bien que je me situe plus à gauche. Je m'y sens intégré pleinement, malgré ma position légèrement en retrait de l'orientation générale, et on me laisse m'y exprimer. D'ailleurs, étant très près du centre, je ne renie pas toutes les politiques de la droite. Je crois fermement à plusieurs idées et valeurs libérales, comme la reconnaissance des diplômes étrangers qui y fait son bout de chemin, un grand souci pour l'avenir économique de notre province et des politiques plus strictes en matière environnementale. Je garde également en tête le fait que le parti a déjà été de centre-gauche et que toute chose est cyclique. Le PLQ demeure donc, à mon humble avis, le véhicule idéal des idées novatrices pour notre province.

Je terminerai en disant les choses suivantes, pour ceux qui s'étonnent de mes allégeances vu ma région très "bleue". Il faut d'abord savoir que j'ai eu la chance de débuter mon implication sous une ministre libérale, d'ailleurs fort compétente et sympathique, ce qui m'a donné la chance de participer à une organisation bien structurée dans mon comté. Les gens de Jonquière sont très chaleureux et accueillants et je m'y suis toujours senti apprécié. Outre cela, j'ai une certaine tendance à être plus critique vis-à-vis ce que les jeunes de mon âge pensent. Au secondaire, puisque les seuls à parler de politique étaient péquistes, j'ai naturellement été porté à me renseigner et à m'intéresser à l'envers de la médaille. Enfin, je demeure convaincu que, peu importe la situation autour de soi, il vaut la peine de se battre pour ses idées. Le comté de Jonquière reste prenable aux prochaines élections. Ainsi, malgré la députation actuelle et passée de ma région, je demeure fortement attaché à celle-ci tout en m'affichant fièrement comme libéral.

11 février 2008

Privé: peut-on s'en priver?

On parle beaucoup ces temps-ci de l'introduction du secteur privé dans le domaine de la santé au Québec, avec la réalisation des premières chirurgies en cliniques ne faisant pas partie du réseau public de la province. Certains aiment, d'autres pas. Aujourd'hui, un petit groupe indépendant de chercheurs dans les domaines économiques, sociaux et politiques, l'Institut de recherche et d'informations socio-économiques, a mené une étude qui conclut que notre régime public est efficace et n'est pas plus onéreux qu'auparavant, malgré ce que l'on pense.

Pourquoi le privé en santé au Québec? C'est notamment à cause de la lenteur de notre système et de sa pénurie de main-d'oeuvre, causée entre autres par la mise à la retraite de nombreux intervenants de la santé par le gouvernement de Lucien Bouchard pour atteindre le déficit zéro. Arrivés au pouvoir, les libéraux ont été confrontés à une situation précaire de notre régime et à une sursaturation des urgences. Le premier réflexe a été d'augmenter les admissions en médecine et dans les soins infirmiers. Le problème, c'est qu'il faut du temps, beaucoup de temps, pour former un médecin. La solution apportée a donc été de confier certaines interventions mineures au secteur privé, dans le but de désengorger les urgences.

Je ne suis pas personnellement pour le privé en santé. Je crois au principe de l'universalité des soins de santé et au système public mis en place successivement par Adélard Godbout, Jean Lesage, Daniel Johnson et Robert Bourassa. Je note toutefois que la version actuelle de notre régime comporte de grandes lacunes. Il importerait de réformer notre système public en santé selon des modèles européens, qui semblent plus efficaces. Si la pénurie de main-d'oeuvre ne se réglerait pas avec cette seule modification, la vitesse de traitement des patients serait probablement bien meilleure.

Bref, qu'en est-il du privé en santé au Québec? Je crois surtout qu'il s'agit d'une mesure que l'on pourrait considérer comme temporaire. En attendant mieux, une ouverture au secteur privé peut permettre de régler les problèmes à court terme. Cependant, cela ne règle pas le manque de main-d'oeuvre (cela peut même l'empirer), problème qui peut néanmoins être résolu par la reconnaissance des diplômes étrangers et qui prendra du mieux alors que les jeunes médecins sortiront des universités. Pour ce qui est de l'efficacité de notre système, peut-être cela aura-t-il un impact positif. Je continue tout de même à croire que nous devrions nous pencher très bientôt sur une nouvelle formule de santé publique.

9 février 2008

Pas d'élections, donc

Voilà, comme je vous l'avais dit, l'ADQ est loin, très loin de vouloir renverser le gouvernement en ce moment. La situation n'est pas rose pour M. Dumont qui le sent bien et préfère plutôt utiliser son poids parlementaire pendant qu'il le peut. C'est la chose la plus intelligente à faire pour lui en ce moment.


Bref, Pauline Marois et le PQ, en plus d'exiger encore plus du parti qui parle le plus d'économie et qui a déjà mis plusieurs mesures en place, risque de se retrouver marginalisée à l'Assemblée Nationale [2]. Est-ce vraiment la meilleure façon de défendre ses électeurs?

8 février 2008

Doubler vos problèmes

La nouvelle orthographe du français, réclamée à grands cris dans certains milieux de l'éducation, est loin de me faire rêver. Cette tentative a pour but de simplifier certaines graphies jugées compliquées, en théorie pour aider ceux qui ont de la difficulté à bien écrire. Dans certains cas, cela peut être justifié, comme avec les nombres ou certains mots composés, mais dans le cas des mots "ognons", "nénufar" ou encore "ponch" au lieu d'oignon, de nénuphar et de punch, ou pire encore, aimè-je au lieu d'aimais-je (!), l'exercice me semble abusif. Au lieu d'aider les gens à mieux écrire le français, on risque surtout de dédoubler les graphies possibles, rendant notre langue encore plus complexe, notamment pour la correction. Loin de simplifier la question, cette solution pourrait même empirer nos problèmes.

De plus, c'est sans compter sur les mythes qui se sont développés autour de cette fameuse réforme de l'orthographe. Entre autre, nombreuses sont les personnes qui croient dur comme fer que l'on peut désormais écrire "des chevals", alors que cette forme demeure fautive et que seul "des chevaux" est acceptée. Bref, je suis loin d'être convaincu pour l'heure que la nouvelle orthographe constitue une solution adéquate aux problèmes reliés à l'écriture du français, surtout que les efforts actuels sont fractionnaires. Si certains professeurs l'enseignent, d'autres non et que d'autres enfin acceptent les deux formes, comment les jeunes pourront-ils s'y retrouver? C'est donc un bon moyen si l'on veut doubler nos problèmes.

7 février 2008

Mon humble avis sur... l'économie

Je lance aujourd'hui une petite série de messages hebdomadaires qui rempliront la fonction de "boîte à idée" qui figure dans la présentation de mon blogue*. J'y exposerai de façon un peu plus détaillée, par sujet, mes idées et mes opinions sur la façon dont le Québec pourrait agir dans différents dossiers. Cela, avec un peu de chance, rendra plus concrètes les grandes orientations que j'ai présentées jusqu'à maintenant en terme de gauche et de droite, en me situant au centre-gauche.

Aujourd'hui, l'économie fera l'objet de mon billet. C'est un sujet d'actualité, notamment avec les risques de récession économique des États-Unis et dans un contexte de mondialisation. La crise forestière y est intimement liée et l'avenir de notre province en dépend fortement. C'est là une de mes convictions profondes: le Québec ne pourra briller et être fort que si son économie est dynamique et puissante.

La pierre angulaire de ma pensée économique est le développement des PME et de l'entreprenariat québécois (y compris des coopératives). Il me semble primordial, dans l'état actuel des choses, que nous fassions preuve de nationalisme économique et que nous devenions maîtres chez nous dans ce domaine. Il ne s'agit pas ici de renvoyer les entreprises étrangères ailleurs, ni d'user de protectionnisme; je parle bel et bien d'encourager les québécois à se prendre en main et à fonder des entreprises. Les peuples les plus prospères sont les maîtres de celles-ci dans l'ensemble. Nous devons donc encourager fortement la fondation d'entreprises et soutenir leur expansion. Les PME possèdent plusieurs avantages: création de créneaux d'excellence régionaux ne dépendant pas de grandes entreprises, potentiel de croissance, concurrence accrue au bénéfice du consommateur, service plus personnalisé, emplois plus valorisants, meilleure redistribution de la richesse, réinvestissements locaux, conscience sociale et environnementale parfois plus prononcée, meilleure résistance globale aux mouvements économiques (une usine ferme et fait perdre 500 emplois d'un coup, alors que les PME ferment dans certains cas mais survivent dans d'autres, ce qui fait en plus un tri des plus performantes d'entre elles). On pourrait donc penser à de nombreuses mesures allant dans ce sens: grappes industrielles (c'est déjà en cours), crédit de mise sur pied à faible taux d'intérêt, simplification de la formule fiscale pour les petits entrepreneurs (pour ne pas les décourager), campagnes de sensibilisation, aide à la recherche et au développement, soutien à la commercialisation hors-Québec...

La recherche et le développement est également un point important sur lequel il convient d'insister. Dans un monde où de plus en plus de pays peuvent concurrencer nos produits moins spécialisés (par exemple dans les secteurs manufacturiers et forestiers, avec les pâtes et papiers), il devient primordial d'innover et d'exporter nos technologies pour soutenir notre économie. C'est un créneau qui est occupé par bien moins de pays et pour lequel nous avons les structures requises. Dans cette optique, on devrait donner plus de pouvoirs et de financement aux centres de recherche universitaires, créer des incubateurs d'entreprises et accenturer les incitatifs fiscaux à l'investissement en recherche. Le financement public de projets de R&D est également une avenue intéressante. L'éducation supérieure doit aussi être fortement encouragée (ce domaine fera l'objet d'un billet ultérieur). Le marché des technologies peut non seulement nous apporter des revenus, mais une grande amélioration de notre qualité de vie.

L'économie du Québec bénéficierait également beaucoup d'une diversification de sa clientèle, d'un point de vue global. Nos exportations, presque uniquement dirigées vers les États-Unis, nous rendent hautement dépendants de nos voisins du Sud. Des accords commerciaux avec l'Europe et l'Asie devraient être conclus et nos entreprises devraient être incitées à se tourner elles aussi vers ces marchés prometteurs.

Ces trois mesures nous donneraient les moyens de devenir une nation entreprenante en pleine possession de son économie, de développer des produits en demande à forte valeur ajoutée et de partir à la conquête de nouveaux marchés. Il existe bien d'autres choses que l'on pourrait faire pour l'économie, puisque presque tout ce qu'un État peut faire a une influence sur ses activités. Toutefois, pour le présent message, je m'y limiterai. Je reviendrai plus tard sur d'autres points (main-d'oeuvre ou énergie, par exemple).

*Il semble que j'écrive mal le mot blogue. Je changerai donc de blog vers blogue jusqu'à ce que je sois certain de la graphie de ce mot.

Parés au décollage...

Mais peut-être bien seuls. Même si le PQ voulait renverser le gouvernement au printemps sur le budget, comme il désire le faire si l'aspect de relance économique ne lui plaît pas, il n'arriverait à rien. Ce n'est pas l'ADQ qui va vouloir voter contre les libéraux avec les derniers sondages, à moins de vouloir courir droit à un suicide politique. Il serait de même très étonnant que les libéraux votent contre eux-mêmes...

Je ne crois pas qu'il y ait d'élections provinciales cette année au Québec. D'ailleurs, cette position du PQ est bien arbitraire: qu'entend-on exactement par "plan de relance économique satisfaisant"? S'il en fait un débat idéologique, il est presque garanti que le parti de Mme Marois s'opposera au budget. Le PQ n'apporte donc pas beaucoup d'eau au moulin par cette déclaration.

D'ailleurs, ça va mal avec la langue au Parti Québécois... Les péquistes craindraient-ils de perdre leur avance dans les sondages avec cette histoire et les sorties des belles-mères? C'est ce que nous verrons lors de la rentrée parlementaire.

5 février 2008

Le dossier progresse

À la suite des demandes du PLQ, le gouvernement Charest semble vouloir prendre des mesures réalistes pour améliorer la situation du français au Québec: augmenter les moyens de l'Office de la langue française, resserrer les exigences pour les professeurs et les élèves en français, appliquer plus strictement la loi 101 sans pour autant la rouvrir. Le tout sera annoncé plus officiellement en mars. (Pour ceux qui l'oublieraient, le PLQ en tant qu'organisme n'est pas le gouvernement; le parti et celui-ci sont indépendants l'un de l'autre.)

Il reste à voir ce qui ressortira exactement du Congrès des membres du PLQ au début mars et ce que contiendra précisément ce plan d'action du gouvernement (se basera-t-il sur les recommandations du parti ou sera-t-il différent?). On peut néanmoins espérer des actions de promotion et de renforcement (et non de coercition) dans le dossier de la langue, ce qui représente à mon humble avis la meilleure façon d'agir avec le français à l'heure actuelle au Québec.

4 février 2008

La langue au programme libéral

Voilà une preuve que le PLQ aussi se préoccupe de la langue, n'en déplaise aux mauvais esprits qui répètent ad nauseam que seul le Parti Québécois peut la sauver. D'ailleurs, le Parti Libéral du Québec s'est toujours soucié du français, mais sans adopter le genre d'attitude affolée chère aux supposés nationalistes.

Les quelques idées du groupe de travail sur l'identité citées dans l'article semblent intéressantes. Toutefois, il est difficile d'en dire beaucoup plus avant d'avoir pu lire entièrement les propositions formulées à la suite de la consultation non-partisanne menée par le Parti Libéral du Québec ces derniers mois. Je doute fort qu'il soit question de limiter le nombre d'immigrants acceptés dans notre province, comme le voudrait tant l'opposition, ou de demander aux employeurs de payer des salariés à apprendre une langue à la mode solidaire... Et les mesures avancées ne proviendront pas de réactions à chaud à une nouvelle étude dite "négative".

Je serai moi-même au Congrès des Membres de mars 2008 et j'ai bien hâte de voir quelles suggestions nous feront les groupes de travail, y compris sur la langue. Je vous en dirai plus alors...

Qu'est-ce que je vous disais?

Ce n'est pas demain la veille que ça va changer au PQ, n'en déplaise à Mme Marois! Voyez vous-même: Bernard Landry persiste et signe. Le problème n'est pas tant qu'il s'exprime, mais qu'il le fasse si souvent... Étrange, mais un simple citoyen n'aurait pas autant d'exposition médiatique et d'impact que lui. Est-ce une logique à sens unique?

3 février 2008

Esprit du PQ, qui es-tu?

Mme Marois, à Québec ce matin, tentait d'exorciser quelque peu l'esprit péquiste qui dicte aux différentes factions du parti ou à ses membres éminents de sortir sur la place publique à propos de toutes sortes de sujets, souvent pour s'entre-déchirer par la suite [1]. "Vous êtes tannés? Bien moi aussi, je suis tannée!" déclarait-elle à ce sujet devant ses militants.

Malheureusement, ce n'est pas si simple. Si Pauline Marois veut que ses troupes soient un peu plus disciplinées, il faudra qu'elle change du tout au tout la mentalité de son parti. À la base, le Parti Québécois était un regroupement de deux mouvements: le mouvement souveraineté-association de René Lévesque et le Ralliement national de Gilles Grégoire, un parti nationaliste d'inspiration créditiste. Le PQ a peu après accueilli la majorité des militants du Rassemblement pour l'Indépendance Nationale de Pierre Bourgault après la dissolution de celui-ci [2]. Ces rinistes ont tout de suite formé un groupe radical au parti. Depuis lors, le PQ a toujours été composé de nombreuses factions (combien de fois a-t-on entendu parler du SPQ-libre, l'aile syndicaliste de gauche?) ayant chacune leurs idées propres sur de nombreux sujets, y compris sur la souveraineté et la façon de l'atteindre. Ajoutons à cela la propension des anciennes têtes dirigeantes péquistes de sortir une fois de temps en temps sur la place publique pour une revendication ou une autre (Lucien Bouchard avec son manifeste Pour un Québec lucide, Bernard Landry, Joseph Facal et Jean-François Lisée avec la réforme ou encore Jacques Parizeau avec, récemment, la banque Nationale, n'en sont que quelques exemples) et la surprenante tendance péquiste à laver le linge sale en public (voyez la chute d'André Boisclair, qui ne méritait pas toute cette hargne), et l'on obtient un mélange explosif. Ce fut toujours ainsi au PQ et ce le sera encore dans l'avenir: divers groupes ou personnages importants iront devant les médias pour défendre leur point de vue, sans égards à la ligne de parti.

D'ailleurs, l'esprit de parti n'est pas une chose propre au PQ. Les péquistes ont, en général, une forte tendance à parler haut et fort et à donner leur opinion partout, dès que possible. Ils ont ainsi beaucoup de visibilité, mais cela nuit à l'image de cohésion du parti devant la population. À l'inverse, les libéraux sont très disciplinés à cet égard, mais aussi discrets. Il est rare de voir des militants du PLQ affichés qui défendent leur parti activement en public... À l'ADQ, on tend plutôt à se serrer derrière le chef, comme à l'époque de l'Union Nationale, un parti d'ailleurs très proche de celui de Mario Dumont. C'est ce dernier que l'on voit et que l'on entend surtout; quand d'autres s'y essaient, ils font des erreurs. Duplessis, à son époque, rabrouait ses députés en public!

Reste que Pauline Marois ne pourra rien y faire. Le PQ est condamné, de par sa culture de parti, à voir ses membres éminents et ses factions s'ouvrir le coeur en public, même si cela peut nuire au parti. Voyez le mouvement populaire [3] qui a suivi la sortie de Bernard Landry, opposé à la réforme de l'éducation pourtant instaurée par Mme Marois!

Moi aussi, parfois, je suis "tanné" de toujours voir les péquistes se plaindre devant les médias... Mais comme le dit Pauline Marois elle-même, tout ceci fournit des occasions aux autres partis de rire un peu!

2 février 2008

On structurera le bois!

Les idées lancées lors du dernier Sommet sur la forêt de décembre 2007 ont été entendues: il semble que le gouvernement Charest lancera un ambitieux plan de valorisation du bois dit "de structure" dans les nouvelles constructions du Québec [1, une toute première référence à Canoe.ca sur mon blog!]. C'est là une excellente nouvelle à la fois pour l'économie et pour l'industrie forestière, surtout à l'aube d'investissements de 30 milliards de dollars dans les infrastructures de la province.

Si vous n'êtes pas au courant de la chose, le bois constitue un matériau de construction au potentiel fantastique. Malgré les apparences, il est aussi, voire plus intéressant que l'acier, puisque sa structure fibreuse lui confère une robustesse remarquable. S'il est traité pour résister à l'usure du temps, ce qui est réalisable, le bois devient utilisable dans la construction non seulement de bâtiments et de meubles, mais même de ponts!
Un pont en bois, à Gardenton au Manitoba, datant de 1918
Et c'est sans parler des nombreux avantages que cette approche peut rapporter au Québec: la production du bois est moins polluante que celle de nombreux autres matériaux, l'immobilisation de matière ligneuse dans des structures réduit la quantité de CO2 contenue dans l'atmosphère (voir la note en bas de page) et le bois est un produit présent en abondance au Québec, ce qui est bon pour notre économie.

Le gouvernement présentera ses mesures dans le prochain livre vert de Claude Béchard sur la forêt. On compte notamment instaurer des quotas minimaux de bois dans les nouvelles structures publiques, industrielles et commerciales avec de l'aide en provenance du Fonds Vert, ainsi que créer un tout nouveau régime forestier et amener progressivement architectes et ingénieurs à abandonner leurs préjugés à propos du bois comme matériau. La crise forestière a pour cause, entre autres, l'incapacité actuelle de l'industrie de concurrencer les nouvelles économies sur le terrain des pâtes et papiers. Cette nouvelle initiative gouvernementale donnera suffisamment de contrats à ce secteur pour qu'il entreprenne une réorientation vers le bois de structure et le bois d'oeuvre, qui sont des produits à plus forte valeur ajoutée et qui ont beaucoup moins d'impacts sur l'environnement, en plus d'offrir des possibilités bien plus intéressantes sur les marchés actuels. La modernisation de notre secteur forestier sera donc mise en route avec ce nouveau plan, qui constitue donc une initiative extrêmement positive à tous les égards. Voilà une façon de faire qui, contrairement au plan fédéral, a beaucoup plus de chances de donner le coup de pouce dont elle a besoin à notre industrie forestière.

Pour ce qui est du CO2, un arbre qui croît emprisonne du CO2 de l'atmosphère dans sa structure. Lorsqu'il atteint sa maturité, puisqu'il ne grandit plus, il cesse progressivement d'absorber du CO2 (il en rejette autant qu'il en absorbe). Si on laisse l'arbre vieillir et mourir, il pourrira ou brûlera, rejetant dans l'atmosphère le CO2 qu'il avait emmagasiné. Si au contraire, on coupe l'arbre et qu'on utilise son bois dans des structures humaines, un nouvel arbre poussera à sa place et on se retrouvera en bout de ligne avec le double de CO2 emprisonné. On en parle à de nombreux endroits sur le web, comme ici.

L'art de se contredire

On pourait présenter cela ainsi: du côté de Québec Solidaire, nous avons eu droit aujourd'hui à une bonne et une mauvaise nouvelle. Laquelle voulez-vous en premier? Allons-y pour la bonne.

Le parti déplore l'attitude du Parti Québécois envers les immigrants et déplore les références peu judicieuses aux accomodements raisonnables. Là-dessus, rien à redire: Pauline Marois exploite à fond la supposée crise identitaire créée autour de la langue française à des fins bassement électoralistes, sans se soucier des impacts de ses propos sur la situations des immigrants au Québec. Ceux-ci, je le rappelle, sont, dans leur vaste majorité, prêts à bien s'intégrer et à participer positivement à la société québécoise.

La mauvaise nouvelle maintenant: Québec Solidaire n'est malheureusement pas devenu plus raisonnable! Les alternatives proposées par ce parti sur le terrain linguistique sont carrément irréalistes et dangereuses. On parle notamment d'établir des cours de francisation de durée illimitée dispensés pendant les heures de travail et ce, aux frais de l'employeur! Quoi de mieux pour bloquer irrémédiablement l'intégration économique des immigrants non-francophones au Québec... Qui voudra engager un employé d'origine étrangère pour le payer à suivre des cours pendant des mois? Québec Solidaire se contredit donc royalement: il se désole que le PQ fasse obstacle à l'intégration harmonieuse des immigrants, mais ses mesures ont un résultat identique. Voilà une autre raison de trouver l'expression "Un gouvernement de Québec Solidaire" d'un certain comique.

1 février 2008

La paresse intellectuelle

Les errements pédagogiques de Mario Dumont me fournissent une occasion de parler, pour la première fois je crois, de ce qui m'agace chez la droite radicale. Tout comme pour la gauche, je suis en mesure d'apprécier les positions qui se situent autour du centre du spectre politique (bien que, dans le cas du centre-droit de cette échelle, je sois en désaccord sur certains principes) et j'abhorre les extrêmes. Dans le cas de la gauche, j'ai réglé le cas du gogauchisme (qui regroupe les utopies socialistes, marxistes, communistes, surétatistes et autres de cet acabit). Pour la droite, je m'attaque surtout aux idéologies de type néo-libérales, très libertariennes, antiétatistes ou anarchistes.

Le propre de ces droites extrêmes, c'est de proposer un retrait avancé de l'État de la société, voire sa disparition pure et simple (voyez des théories comme celle de Milton Friedman) dans le but d'obtenir une saine économie et plus de liberté sociale. J'ai déjà fait, dans un autre billet, un petit exercice économique pour démontrer qu'une déréglementation poussée de l'économie (donc nécessairement liée à un retrait de l'État) mène à certaines aberrations qui peuvent même amener un ralentissement prononcé de l'enrichissement et du progrès. J'y ajoute aujourd'hui le constat suivant: la droite radicale est paresseuse intellectuellement. Elle a en fait trouvé l'une des idées les plus géniales du monde politique. Lorsqu'un problème est soulevé, il peut se régler seul; on ne s'en occupera pas. Plus besoin de se creuser la tête pour trouver des solutions, le libre-marché et la liberté sont là pour y faire face dans une harmonie digne de la main invisible d'Adam Smith! Bref, l'État n'est pas utile et on n'en parle plus. Laissons les choses se tasser d'elles-mêmes.

Quand Mario Dumont trouve des problèmes, il ne propose jamais vraiment de solution. En cela, il respecte complètement son idéologie conservatrice radicale et ne fait qu'attirer l'attention sur la situation sans pour autant chercher à la régler rationnellement. On propose une ou deux pistes vagues et simplistes(et je ne suis pas le seul à le penser). Creusez un peu et vous verrez qu'il n'y a rien de nouveau qui soit proposé pour remédier à la réforme du côté de l'ADQ, mis à part, et je vous le donne en mille, un retrait de l'État: la disparition des commissions scolaires! Solution divine et magique, qui règle tout sans qu'on doive s'en occuper.

Non, vraiment, plus j'y pense et plus je constate que l'on doit se méfier des extrêmes...

Le DGEQ veut réguler le web...

Les tribunaux et les juges ont-ils trop de pouvoir au Canada?

Qui a été le meilleur Premier Ministre depuis 1936? Vous pouvez en choisir plus d'un.

Dans un système de type fédéral, quel palier gouvernemental devrait être le plus important?

Qu'est-ce qui vaut le mieux pour le Québec?

Quel avenir pour l'ADQ?

Et vous, vous voteriez...

Quelle devrait être la priorité absolue au Québec?

Vous considérez qu'au Québec, nous sommes dans une société...

Pour m'aider à l'amélioration du blogue, la mise en page vous convient-elle?

Comment avez-vous trouvé ce blogue?

Mes billets sont-ils trop longs?