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16 juillet 2008

Faudrait vous décider, M. Dumont...

Mario Dumont veut que les provinces discutent de Constitution lors de la rencontre du Conseil de la fédération qui commence aujourd'hui. Jean Charest a refusé tout net, avançant avec justesse que personne de sérieux ne veut pour le moment parler de Constitution au pays, sauf bien sûr, son humble militant du Saguenay que je suis. Et ce même militant ne va pas jusqu'à penser que le moment soit bien choisi pour l'instant pour rouvrir le dossier constitutionnel. Ce genre de discussions ne pourront avoir lieu que d'ici au moins une dizaine d'années, voire plus. La poussière de Meech et des deux référendums de Charlottetown et 1995, qu'on le veuille ou non, est encore loin d'être toute retombée.

Ce qui m'a fait le plus sourciller dans cet article, c'est la manière dont Mario Dumont est capable d'adopter des positions ambiguës comme celles présentées dans cet article. D'une main, le chef adéquiste veut que les provinces discutent de Constitution au Conseil des la fédération, nonobstant l'absence du gouvernement fédéral. De l'autre, il proteste que cet organisme n'a pas de raison d'être et qu'il devrait être aboli, et juge que seul le gouvernement fédéral devrait constituer un interlocuteur pour le Québec. Est-ce moi ou manque-t-il réellement un fil conducteur dans tout ceci? Il faut dialoguer avec les provinces, mais en même temps refuser de le faire? Il faut se réunir en Conseil de la fédération, mais simultanément considérer cela comme parfaitement futile? On dirait même que M. Dumont essaie de réinventer la double pensée d'Orwell dans 1984!

Mario Dumont a par ailleurs bien raison de désirer se questionner sur le Conseil de la fédération. Toutefois, notre approche est fort différente. Les jeunes libéraux se sont en effet interrogés sur les possibilités offertes par cet organisme de discussion qui constitue une réelle avancée dans les relations interprovinciales et même notre façon de concevoir le fédéralisme (en tant que dialogue à 10, voire 13, plutôt que de considérer le gouvernement fédéral comme étant une sorte de dirigeant pour tous). Nous consulterons nos militants à cet égard lors de notre Congrès, pour savoir s'il ne serait pas opportun d'ajouter des pouvoirs au Conseil, en y accolant d'autres organismes interprovinciaux et en proposant quelques projets de discussions.

Et quant à cette façon de voir les choses qu'a le chef adéquiste sur les négociations à deux seulement, Québec-Ottawa, je crois de plus en plus que le progrès pour notre province ne passe pas par ce type de relations. Pour obtenir plus de gains ou réformer le fédéralisme, il nous faudra des alliés, et ceux-ci seront les autres membres de cette fédération. Cela prouve une fois de plus que l'autonomisme de Mario Dumont n'est pas une option rentable, peut-être moins encore que la souveraineté, car elle manque de réalisme. En coupant les ponts avec les autres provinces du Canada pour nous concentrer sur notre nombril, nous nous tirerions dans le pied avant même une hypothétique indépendance...

6 commentaires:

AntiPollution a dit…

Mario n'est pas à une ambiguité près.

Le Conseil de la Fédération n'est qu'une parade, d'après-moi, une négociation bi-latérale est mieux qu'une confrérie de premiers ministres, qui durant la nuit peut sortir de longs couteaux. Rappelez-vous aussi comment un mec à plûme du Manitoba et le baiser d'un Terreneuvien a fait tomber un accord.

Alexis St-Gelais a dit…

Oui, mais qu'arrive-t-il si l'unique interlocuteur est un Premier Ministre du Canada dans la veine de Trudeau (qui a d'ailleurs allègrement aiguisé les couteaux, avec son comparse Chrétien)? Et ne participe-t-on pas ainsi, du moins partiellement, à la destruction de la fédération dans ce qu'elle a de fédéral?

Je crois qu'il faut ici introduire une notion un peu obscure que le livre "Reconquérir le Canada" m'a permis de mettre en perspective, même si je ne pense pas qu'elle soit exprimée directement dans ses pages. Si l'on ne coopère pas avec les autres provinces du Canada, on rejette implicitement l'essence même d'une fédération, à savoir la coopération entre ses différents membres. Il existe alors deux façons et demi de procéder.

La première est la souveraineté, dont on a amplement discuté déjà et sur laquelle je ne désire pas revenir ici. Je ne la remets d'ailleurs pas en question en tant qu'option, mais je doute de ses capacités rassembleuses ou même de sa pertinence actuellement.

La moitié dont je parle est l'autonomisme de Mario Dumont, qui sous-entend implicitement la troisième mais avec une nuance. Ce serait de considérer le Canada comme un pays unitaire, donc non fédéral. Certains partis politiques de tendance très centralisatrices prônent de fait cette évolution du Canada vers une structure unitaire, où les provinces ne seraient guère plus que des gouvernements régionaux de faible importance. La nuance autonomiste ferait du Québec un territoire semi-autonome au sein de ce pays unitaire, en ce sens qu'il ne serait pas indépendant mais disposerait de beaucoup plus de pouvoirs que les gouvernements régionaux d'ailleurs. Le dialogue se ferait à deux, mais l'entité centrale Canadienne serait beaucoup plus forte... Et ce système rejette les fondements de la notion fédérale, à savoir une union de partenaires. Dumont n'est peut-être pas séparatiste, mais en tout cas, il n'est certainement pas fédéraliste dans le sens premier du mot. Pas plus que ne le sont ces adeptes du gouvernement central hypertrophié, avec qui je suis peut-être encore plus en désaccord...

Anonyme a dit…

Salut,

Il y a eu deux manières de voir l'autonomie. L'autonomie complète, c'est-à-dire la souveraineté du Québec. Ou encore, l'autonomie fédéraliste, ce qui veut dire un respect de l'article 91 et 92 de la constitution sur les compétences.

Mario Dumont n'a rien invité quand il parle d'autonomie.

Malheureusement, plusieurs gouvernements libéraux au Canada ont utilisé l'article 1 de la Constitution pour briser cette autonomie.

Honnêtement, si les conversateurs sont capables de règler le pouvoir du fédéral de dépenser, on ne parleras plus d'ingérence gouvernementale.

Il y a d'autres problèmes plus urgents dont les premiers ministres doivent discuter durant le Conseil de la fédération.

Pour répondre à Antipollution, si les PM des provinces sont unanimes et qu'ils trouvent un concessus, le point de leur demandes à Ottawa est plus solide!

Merci, Stéph Lacasse!

Alexis St-Gelais a dit…

En effet, Duplessis parlait d'autonomie bien avant Mario Dumont. Plus en arrière encore, Mercier s'est, le premier, porté à la défense de l'autonomie des provinces...

Je ne suis pas contre le respect des pouvoirs des articles 91 et 92, bien au contraire. La différence entre moi et Mario Dumont, c'est que ce dernier veut le faire sans les autres provinces et même contre les autres provinces. Sa vision autonomiste évacue complètement les autres partenaires de la fédération, ce que même Duplessis ne faisait pas.

Alexis St-Gelais a dit…

Comme je l'ai déjà exposé dans ces pages, je doute que Dumont remonte la pente... Toutefois, l'émergence à terme d'une troisième force politique, qui remplacera l'une des deux actuelles (PLQ ou PQ), me semble incontournable à moyen terme. Je puis me tromper, bien sûr, mais un retour historique semble confirmer cette tendance. Qui disparaîtrait, si cela se produisait? Je crois que vous savez tous où va mon vote, et pas forcément à cause de la population, mais bien en me fondant sur les structures des partis en place. Le PQ est infiniment moins stable et unifié que le PLQ, qui a pour sa part traversé toutes les crises politiques jusqu'à présent au Québec, depuis la Confédération.

lutopium a dit…

Le Canada devait être une véritable fédération mais ça ne s'est jamais vraiment concrétisé. Trois choix s'offrent donc à nous: fédéralisme centralisateur (tel qu'on le connait aujourd'hui), fédéralisme décentralisé (où l'autonomisme pourrait avoir sa place) ou l'indépendance. Personnellement, j'opte pour la troisième option.

Le DGEQ veut réguler le web...

Les tribunaux et les juges ont-ils trop de pouvoir au Canada?

Qui a été le meilleur Premier Ministre depuis 1936? Vous pouvez en choisir plus d'un.

Dans un système de type fédéral, quel palier gouvernemental devrait être le plus important?

Qu'est-ce qui vaut le mieux pour le Québec?

Quel avenir pour l'ADQ?

Et vous, vous voteriez...

Quelle devrait être la priorité absolue au Québec?

Vous considérez qu'au Québec, nous sommes dans une société...

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