Je suis profondément choqué. En ce jour où Stephen Harper adressera les excuses officielles du Canada aux amérindiens de tout le pays, j'entends pour la première fois parler de l'horrible traitement qui leur avait été réservé pendant plus d'un siècle, depuis la Confédération jusqu'en 1980 au Québec et 1996 pour le Canada entier. Parqués dans des pensionnats, les jeunes amérindiens étaient soumis à un processus agressif d'acculturation pour leur inculquer des valeurs "chrétiennes" et oblitérer leur langue. Ils y subissaient de nombreux sévices physiques, sexuels et psychologiques. Les communautés amérindiennes en ont beaucoup souffert, les enfants n'ayant pas le droit de voir leurs parents et de leur parler dans leur langue dans leurs communications. C'est là le premier motif de mon traumatisme: je comprends mieux aujourd'hui la grande détresse qui prévaut chez de nombreuses communautés et le clivage entre les "hommes blancs" et les peuples autochtones.
L'autre point qui me choque et fait insulte à mon intelligence, c'est cette hypocrisie collective aberrante dont nous faisons preuve face à cette histoire sombre. Comment se fait-il que ce n'est qu'aujourd'hui que j'apprends l'existence de ces pensionnats et des événements qui s'y sont déroulés? Où est passé ce fait pourtant incontournable dans nos manuels scolaire? Comment peut-on prétendre à un repentir quelconque si, en tant que société, nous ne faisons pas face dignement à l'indigne du passé? Ce silence troublant me fait penser à la grande gêne des français lorsque vient l'heure de parler de la guerre en Algérie et de leur passé colonialiste. Si nous commencions par assumer que nous ne sommes pas parfaits en tant que canadiens, et que nous ne sommes pas le seul peuple pouvant aspirer à mieux, en tant que québécois, peut-être pourrait-on en arriver à bâtir quelque chose de mieux.
Il m'est impossible de réparer les erreurs du passé. Je ne peux que souhaiter que les canadiens prendront conscience des injustices commises à l'égard des amérindiens et qu'il feront preuve d'un franc repentir.
L'auteur de ce blog n'engage que lui-même par ses commentaires et ne prétend pas représenter les positions d'un quelconque organisme politique.
11 juin 2008
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4 commentaires:
Je partage ton indignation. Et j'ai vu voilà pas si longtemps le film de Richard Desjardins, « Le peuple invisible », qui décrit cette partie occultée de l'Histoire.
J'espère que les autochtones relèveront l'échine, même si de simples excuses semblent trop peu pour l'instant. Mais c'est quand même surprenant venant de Stephen Harper, j'ai hâte de voir comment la population canadienne prendra ça, car je crois, peut-être à tord, que les plus vieux sont craintifs des membres des Premières Nations...
Hélas, Renart, pas uniquement les plus vieux. J'entends des jeunes autour de moi dire qu'ils sont déjà "tannés" d'entendre les amérindiens manifester leur mécontentement. Il faut dire que les médias projettent souvent l'image de gens qui ne font que revendiquer quand ils ne font pas de contrebande de tabac... C'est très dommage.
Toujours la même histoire.... comme avec les BS!
Quand est-ce que les gens seront capables de faire la part des choses?
Tant et aussi longtemps que les québécois ne tenderont pas la main au peuple amérindien, ils ne mériteront pas la souveraineté de leur nation.
On nous a lavé le cerveau depuis tant d'années... pas surprenant que nous soyons islamophobes, intolérants, voire racistes. n'ayons pas peur des mots! Comme nous le rappelait Max Gros-Louis lors de son passage à TLMEP, les peuples amérindiens n'avaient pas eu le temps de mettre en place leur ministère de l'immigration lorsque les premiers colons français sont arrivés au Québec...
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