L'esprit qui préside à ces projets se rapproche beaucoup de la philosophie de la néo-nationalisation, même si l'application pratique
diverge. En effet, on désire consacrer le caractère collectif d'une ressource qui appartient à l'ensemble des québécois puis la confier en fiducie à un tiers, soumis soit à la législation émise par un gouvernement élu démocratiquement, soit directement à la démocratie selon le parti au pouvoir. Même si l'article mentionne que l'État devient fiduciaire de la ressource, dans les faits, ce sont des entreprises privées qui l'exploitent. Toutefois, on propose deux points majeurs pour encadrer l'activité de ces entreprises: d'une part, la possibilité de poursuivre et punir celles qui négligent la ressource, et d'autre part, une contribution monétaire à l'État à titre de droit d'exploitation, sommes qui serviront à mieux protéger l'environnement québécois.Le contenu plus spécifique de ces deux points centraux reste en partie à définir. En plus d'émettre des permis révocables en tout temps pour toute ponction d'eau supérieure à 75 000 L quotidiennement, on permettra les poursuites au civil de particuliers et d'entreprises qui détériorent, surexploitent ou négligent la ressource. Reste à savoir jusqu'à quel point ces poursuites auront des dents, à savoir le genre de procès auquel cela mènera et surtout, les réparations exigées en cas de culpabilité reconnue. Côté redevances, il serait intéressant de connaître les montants exigés par kilolitre. On indique toutefois que l'on estime à 5,5 millions de dollars annuellement la somme amassée. Enfin, et surtout, mettra-t-on sur pied un service d'inspection pour s'assurer du respect des nouvelles normes? On peut s'y attendre en toute justice, notamment avec le système de permis.
Il n'en demeure pas moins que cette nouvelle législation change radicalement la façon d'aborder l'exploitation hydrique au Québec. Même si, pour une raison ou une autre, vous êtes en désaccord avec le plan proposé par Line Beauchamp, si vous avez la cause de l'eau à coeur, vous devriez saluer le geste. Il s'agit en effet d'un très beau premier pas si l'on désire aller plus loin. Dans tous les cas, c'est un geste d'affirmation vigoureux de la propriété québécoise collective de l'eau.
5 commentaires:
C'est rare que je félicite le PLQ, mais là je n'ai pas le choix... ;)
Comme dit renart, je serais tenté moi aussi, pour une rare fois, de féliciter le PLQ. Cependant, la blogueuse du pq soulève de bons points. Si tu permets, pour alimenter le débat, je mets le lien: http://blogue.pq.org/index.php/2008/06/05/line-beauchamp-voit-bleu/
Emmanuel,
je viens d'aller voir ça...
Enfin, c'est le résultat qui compte!
Le problème avec cette fameuse politique nationale de l'eau, c'est que le gouvernement péquiste de l'époque, pas plus que les libéraux les ayant suivit, n'ont mis en place les mesures pour rendre la protection viable. D'ailleurs, j'avais déjà lu cette politique; sans me rappeler de tous les détails, je n'ai pas le souvenir qu'elle permettait une quelconque poursuite au civil. Elle mettait en place des organismes de bassin versant chargés de surveiller et jauger la ressource, elle consacrait le caractère collectif de la ressource et elle prévoyait la mise en place de redevances. Par contre, aucune mention de possibilités de poursuite ou de permis révocables en tout temps.
Faites attention, c'est quand même directement sur le site officiel d'un parti... L'affirmation qui est faite sur ce blogue est partiellement vraie mais exagérée.
Il faut d'ailleurs savoir que le PLQ, le PQ et l'ADQ, sur certains enjeux qui ne concernent pas leurs cheveaux de bataille habituels, se ressemblent assez. Si vous allez étudier les plate-formes électorales de 2007 pour les trois partis, vous constaterez certaines ressemblances entre les programmes et des engagements qui reviennent. C'est un constat que j'ai tiré de manière objective, mais sur lequel je ne suis pas prêt à émettre des conclusions.
J'apportais le lien dans le seul but d'alimenter un peu le débat. Ne t'inquiète pas, je n'ai pas de difficulté à être critique face à mes sources. Par contre, il ne faut pas ignorer que la blogueuse du pq, dans son blogue assurément partisan et donc biaisé, nous dirige vers des documents qui ont été déposés à l'Assemblée nationale. Ces documents, eux, ne sont pas biaisés. Faites l'exercice, comparez les deux projets de loi, il y a énormément de ressemblances.
Par contre, je ne tomberai pas dans la partisanerie au point de croire que le PQ n'a jamais fait la même chose quand il était au pouvoir. C'est une conséquence inhérente à la nature partisane de notre système politique. On voit souvent des projets de loi être refusés par le gouvernement puis, quelques mois plus tard, repris presque mot à mot. Tous les partis le font ...
Pour ce qui est des plates-formes électorales 2007 des différents partis, outre les positions sur la question nationale, il est vraiment qu'il y a beaucoup de ressemblances. Mais il y a quand même quelques différences, surtout au niveau des priorités.
Tant et aussi longtemps que la question nationale ne sera pas réglée, il serait très surprenant de voir la dichotomie fédéraliste/souverainiste quitter la sphère de notre vie politique.
Comme j'ai entendu Mathieu Bock-Côté le dire dernièremenent, la souveraineté permettra, entre autres, de nous diviser librement.
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