Le récent sommet entre les cabinets ministériels provinciaux de l’Ontario et du Québec me réjouit pour plusieurs raisons. Tout d’abord, nous pouvons saluer la volonté de ces deux provinces de mettre de côté leurs différends pour travailler ensemble à leur prospérité. C’est là l’esprit qui devrait présider à toute la fédération canadienne, l’un des grands objectifs initiaux de notre pays étant de créer une économie forte sur la base d’un marché commun interprovincial. C’est exactement ce qui a été abordé lors de cette rencontre historique. Jean Charest a aussi pu rallier Dalton McGuinty à son ambitieux et prometteur projet de libre-échange avec l’Europe, ce qui place favorablement les pions pour sa mise en place, du moins de ce côté-ci de l’Atlantique. N’oublions pas également les projets sur le train rapide entre Québec et Windsor. Le transport ferroviaire, longtemps délaissé, est une alternative de choix alors que les prix du carburant augmentent, que la pollution est un problème et que de plus en plus de gens doivent circuler dans ce couloir névralgique du Canada que forme la vallée du St-Laurent et des Grands Lacs. Même si, en bon Saguenéen frustré, j’aurais aimé que nous soyons assez importants pour que la ligne se prolonge jusque chez les bleuets, c’est un projet d’envergure que je salue.
Mais le plus important est probablement ce message clair que des provinces envoient à Ottawa. Si vous connaissez un peu ma vision de ce que devrait être la fédération canadienne, vous comprendrez que ce geste s’inscrit tout à fait dans le type de relations que je prône : des
provinces négocient entre elles pour palier à un manque du gouvernement central, et du fait qu’elles adoptent une solution globalement acceptée, elles exercent un leadership au lieu d’attendre leurs instructions d’Ottawa. L’approche de « cap and trade » avancée consiste à limiter en valeur absolue les émissions de gaz à effet de serre, puis à mettre en place des échanges de crédits carbone entre les partenaires. Bien appliqué, ce principe est un point très positif pour la protection de notre environnement. C’est également un pied-de-nez à Stephen Harper qui, en plus de bouder le comité des communes sur Julie Couillard, est, pour utiliser un euphémisme, franchement timide dans le domaine de l’environnement. On pourra m’accuser d’Harper-bashing, mais il me semble qu’il serait grand temps de passer à un autre gouvernement au fédéral. Avis aux Stéphane Dion de ce monde…
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