Vous connaissez probablement le microcrédit, un principe qui fait de véritables miracles dans les pays en voie de développement. Il s'agit de passer de l'argent à faible taux d'intérêts à des habitants de ces pays, sans exiger de garantie comme le ferait une grande banque, en se fiant sur leur honneur pour le remboursement. Ces sommes permettent souvent à des personnes entreprenantes de démarrer des micro-entreprises, voire d'établir un commerce appelé à se développer, qui s'intègrent aisément à leur milieu et qui permettent de briser le cercle de la pauvreté. De façon générale, plus de 95% des prêts sont remboursés, ce qui constitue un taux tout à fait respectable. Les succès du microcrédit en font un instrument de développement de plus en plus apprécié un peu partout dans le monde.
Cogitant sur les façons d'encourager des québécois à se lancer en affaires, je me suis demandé si un formule s'approchant de celle du microcrédit ne pourrait pas être implantée chez nous. Dans cette optique, le gouvernement créerait un fond destiné à financer des projets d'entreprises en démarrage, sans demander autre chose qu'une idée de projet intéressante (bref, pas de garanties). La manoeuvre serait risquée, mais pourrait bien fonctionner si l'honnêteté observée ailleurs se reflétait chez nous. Le fond n'aurait alors pas à être particulièrement alimenté par le gouvernement, puisque les intérêts suffiraient à le maintenir, sinon à l'accroître. Il s'agirait d'une sorte de "payez au suivant" collectif et visant à développer le potentiel entreprenarial québécois, tout en laissant une grande place à l'intégrité et à la responsabilité de l'individu. Si par malheur cela ne fonctionnait pas, l'argent serait perdu et l'expérience s'arrêterait là.Je m'en remets à vous pour donner votre opinion sur ce principe. Serait-il applicable à notre situation, selon vous, ou s'agit-il d'une idée farfelue?
3 commentaires:
Je ne connais pas suffisamment bien le marché des entités de microfinance et d'appui à la création de MPME au Québec mais pour travailler dans ce domaine, pour être une passionnée du sujet et pour nourrir le rêve de travailler prochainement dans ce domaine dans ton merveilleux pays (http://sophierecordon.blogspot.com/2008/05/microfinance-attention-ne-pas-jeter-le.html), je puis t'assurer que concernant les pays dit "développés" le Canada est connu dans ce domaine pour ses approches innovantes en la matière: http://www.microfinance.ca/fr/index.cfm. Des dispositifs existent déjà et semblent faire leurs preuves comme le démontrent le rapport suivant extrêmement éclairant à ce sujet: http://www.lamicrofinance.org/files/16435_file_BITinternational1.pdf. D'autre part, il convient de souligner que l'autonomie financière des IMF (institutions de microfinance) ne concerne que 10% d'entre elles dans le monde comme l'affirme les spécialistes en la matière (le CGAP) et que l'objectif de rentabilité financière s'oppose à celui d'atteindre les personnes entrepreneurs plus vulnérables nécessiteuses de services d'accompagnement coûteux (chômeurs, immigrants, etc) (lire les articles de Jean-Michel Servet et Isabel Guérin à ce sujet: http://lamicrofinance.org/files/18780_file_GUERIN_BAISSER__PAUVRETE.pdf).
Quelle vision auriez-vous pour le microcrédit au Québec, suivant vos observations?
Merci pour vos informations, elles me seront très précieuses.
Je n'ai malheureusement pas la connaissance suffisante du marché canadien des entités d'appui technique et financier à la création entrepreneuriale pour prétendre pouvoir répondre à cette question. Mais la lecture du rapport déjà mentionné et intitulé "La microfinance et la création d’entreprise par les chômeurs en Europe et Amérique du Nord" d'Isabel Guérin: http://www.lamicrofinance.org/files/
16435_file_BITinternational1.pdf te fournira d'excellentes pistes de réponses ainsi que des références bibliographiques sur des études portant sur ce sujet et concernant la situation au Canada.
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