L'auteur de ce blog n'engage que lui-même par ses commentaires et ne prétend pas représenter les positions d'un quelconque organisme politique.

13 mai 2008

Une idée à débattre: le microcrédit, version Québec

Vous l'aurez peut-être remarqué, je lance ces temps-ci des sujets un peu plus expérimentaux sur mon blogue. C'est qu'à l'aube de l'été, je désire profiter du fait que j'aie un peu de lectorat (cela diminuera sans doute pendant la saison estivale) pour évaluer quelques idées qui me viennent en tête. Durant les temps chauds, mon blogue pourrait fort bien prendre une tangente plus axée sur sa fonction de "boîte à idée", l'une des raisons pour lesquelles je l'ai créé, quitte à reprendre du service d'analyse politique à l'automne. Je vous lance aujourd'hui un concept qui me trotte dans la tête depuis un certain temps, et qui rejoint mes préoccupations face à l'entreprenariat au Québec.

Vous connaissez probablement le microcrédit, un principe qui fait de véritables miracles dans les pays en voie de développement. Il s'agit de passer de l'argent à faible taux d'intérêts à des habitants de ces pays, sans exiger de garantie comme le ferait une grande banque, en se fiant sur leur honneur pour le remboursement. Ces sommes permettent souvent à des personnes entreprenantes de démarrer des micro-entreprises, voire d'établir un commerce appelé à se développer, qui s'intègrent aisément à leur milieu et qui permettent de briser le cercle de la pauvreté. De façon générale, plus de 95% des prêts sont remboursés, ce qui constitue un taux tout à fait respectable. Les succès du microcrédit en font un instrument de développement de plus en plus apprécié un peu partout dans le monde.

Cogitant sur les façons d'encourager des québécois à se lancer en affaires, je me suis demandé si un formule s'approchant de celle du microcrédit ne pourrait pas être implantée chez nous. Dans cette optique, le gouvernement créerait un fond destiné à financer des projets d'entreprises en démarrage, sans demander autre chose qu'une idée de projet intéressante (bref, pas de garanties). La manoeuvre serait risquée, mais pourrait bien fonctionner si l'honnêteté observée ailleurs se reflétait chez nous. Le fond n'aurait alors pas à être particulièrement alimenté par le gouvernement, puisque les intérêts suffiraient à le maintenir, sinon à l'accroître. Il s'agirait d'une sorte de "payez au suivant" collectif et visant à développer le potentiel entreprenarial québécois, tout en laissant une grande place à l'intégrité et à la responsabilité de l'individu. Si par malheur cela ne fonctionnait pas, l'argent serait perdu et l'expérience s'arrêterait là.

Je m'en remets à vous pour donner votre opinion sur ce principe. Serait-il applicable à notre situation, selon vous, ou s'agit-il d'une idée farfelue?

3 commentaires:

Sophie Recordon a dit…

Je ne connais pas suffisamment bien le marché des entités de microfinance et d'appui à la création de MPME au Québec mais pour travailler dans ce domaine, pour être une passionnée du sujet et pour nourrir le rêve de travailler prochainement dans ce domaine dans ton merveilleux pays (http://sophierecordon.blogspot.com/2008/05/microfinance-attention-ne-pas-jeter-le.html), je puis t'assurer que concernant les pays dit "développés" le Canada est connu dans ce domaine pour ses approches innovantes en la matière: http://www.microfinance.ca/fr/index.cfm. Des dispositifs existent déjà et semblent faire leurs preuves comme le démontrent le rapport suivant extrêmement éclairant à ce sujet: http://www.lamicrofinance.org/files/16435_file_BITinternational1.pdf. D'autre part, il convient de souligner que l'autonomie financière des IMF (institutions de microfinance) ne concerne que 10% d'entre elles dans le monde comme l'affirme les spécialistes en la matière (le CGAP) et que l'objectif de rentabilité financière s'oppose à celui d'atteindre les personnes entrepreneurs plus vulnérables nécessiteuses de services d'accompagnement coûteux (chômeurs, immigrants, etc) (lire les articles de Jean-Michel Servet et Isabel Guérin à ce sujet: http://lamicrofinance.org/files/18780_file_GUERIN_BAISSER__PAUVRETE.pdf).

Alexis St-Gelais a dit…

Quelle vision auriez-vous pour le microcrédit au Québec, suivant vos observations?

Merci pour vos informations, elles me seront très précieuses.

Sophie Recordon a dit…

Je n'ai malheureusement pas la connaissance suffisante du marché canadien des entités d'appui technique et financier à la création entrepreneuriale pour prétendre pouvoir répondre à cette question. Mais la lecture du rapport déjà mentionné et intitulé "La microfinance et la création d’entreprise par les chômeurs en Europe et Amérique du Nord" d'Isabel Guérin: http://www.lamicrofinance.org/files/
16435_file_BITinternational1.pdf te fournira d'excellentes pistes de réponses ainsi que des références bibliographiques sur des études portant sur ce sujet et concernant la situation au Canada.

Le DGEQ veut réguler le web...

Les tribunaux et les juges ont-ils trop de pouvoir au Canada?

Qui a été le meilleur Premier Ministre depuis 1936? Vous pouvez en choisir plus d'un.

Dans un système de type fédéral, quel palier gouvernemental devrait être le plus important?

Qu'est-ce qui vaut le mieux pour le Québec?

Quel avenir pour l'ADQ?

Et vous, vous voteriez...

Quelle devrait être la priorité absolue au Québec?

Vous considérez qu'au Québec, nous sommes dans une société...

Pour m'aider à l'amélioration du blogue, la mise en page vous convient-elle?

Comment avez-vous trouvé ce blogue?

Mes billets sont-ils trop longs?